Trouver de meilleures façons de vivre ensemble dans un monde aux ressources limitées — telle est la perspective qui oriente la démarche de Laurence Roy, professionnelle en design, candidate au doctorat en aménagement et chargée de cours à l’Université de Montréal. Son parcours allie pratique, recherche et enseignement, avec une attention constante aux enjeux sociaux de l’espace.
Elle a notamment œuvré chez Provencher_Roy, où elle a contribué à des projets d’envergure tels que l’implantation de Desjardins au Stade olympique et l’incubateur Boxone Labs. Ses travaux interrogent le rôle du design dans la création d’environnements inclusifs, avec un intérêt particulier pour l’accueil et la mixité sociale. À l’École de design de l’UdeM, elle enseigne l’aménagement d’espaces collectifs et accompagne la relève dans une réflexion critique sur les dimensions sociales du design.
Titre du projet thèse : L’architecture accueillante : un modèle capabilisant pour des lieux destinés aux réfugiés et à leur communauté hôte
Face à l’ampleur croissante des mobilités forcées à l’échelle mondiale, plusieurs travaux mettent en lumière, au-delà du récit dominant de la plus grande « crise migratoire » en Occident depuis la Seconde Guerre mondiale, une crise sous-jacente : une « crise de l’accueil ». Révélateur des limites structurelles des dispositifs mis en place par les sociétés d’arrivée, ce déplacement de perspective invite les disciplines de l’aménagement à repenser leur rôle au sein des dynamiques d’hospitalité.
Bien que de nombreuses recherches portent sur la conception de lieux destinés aux réfugiés, elles se concentrent principalement sur le logement transitoire — abris d’urgence, refuges, camps — et négligent les potentialités collectives et durables d’environnements conçus pour une occupation plus longue. Dans un contexte de bouleversements climatiques et géopolitiques, où les déplacements tendent à croître, une question s’impose : au-delà de l’hébergement d’urgence et du temporaire, comment accueillir — et surtout, comment accueillir dignement ?
L’originalité de cette étude repose sur la mobilisation du cadre des capabilités, centré sur la dignité humaine, qui permet un éclairage nouveau sur l’aménagement de lieux destinés à des groupes vulnérables. La recherche s’articule autour de l’étude de trois lieux reconnus à l’échelle internationale pour leur écosystème de solidarité envers les réfugiés. Leur exploration combine observations, analyses spatiales et parcours commentés menés auprès de réfugié·e·s, d’intervenant·e·s, de membres des communautés locales et d’équipes de conception.
L’objectif est de poser les fondements d’un modèle architectural de l’accueil, en appui à des pratiques de conception durables, rigoureuses et ancrées dans les savoirs expérientiels. Ces apports visent à nourrir les processus décisionnels liés à la planification et la conception de lieux favorisant le bien-être, l’autonomie et la participation sociale active des personnes réfugiées aux sein de lieu de rencontre innovants et adaptés à la pluralité de leurs occupants.