FEUILLES DE ROUTE POUR L’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DES ESPACES DÉDIÉS À LA SANTÉ ET AU VIEILLISSEMENT DANS LE CADRE DE LA MISE EN ŒUVRE LOCALE DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES NATIONS UNIES

Chercheures LEAP: Carmela Cucuzzella + Carly Ziter

Période: 2023

Cette recherche porte sur la structure des Objectifs de développement durable des Nations unies (ODD) et leur applicabilité aux projets d’aménagement urbain. La pensée systémique a été introduite comme méthode permettant de mieux comprendre comment les ODD peuvent être intégrés au processus de conception, et plus particulièrement dans la définition du contexte de conception et de ses parties prenantes. Nous avons présenté une série d’études de cas illustrant comment les ODD peuvent être intégrés en prenant en compte les fonctionnements des collectivités locales, les acteurs impliqués et les indicateurs permettant d’évaluer cette intégration.

ARCHITECTURE CITOYENNE COMME INTERFACE MUNICIPALE

Chercheur.e.s LEAP: Thomas-Bernard Kenniff + Anne Cormier + Jean-Pierre Chupin

Période: 2021

L’architecture municipale comme interface citoyenne : un inventaire prospectif pour documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois

Projet de recherche-création qui a pour but de documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois.

Dans le contexte d’aménagement régional, l’accès en personne aux services municipaux soulève des questions d’exclusion géographique et d’adaptation des installations architecturales au territoire desservi. L’actuel déplacement des services vers les plateformes en ligne et la dévaluation perçue de l’architecture civique remettent en cause l’importance de ces installations et leur rôle dans une culture politique durable. Notre projet s’intéresse à l’aménagement de deux types d’installations des municipalités du Québec: les hôtels-de-ville et les cours municipales. Compris en tant qu’interfaces municipales entre le citoyen et l’entité administrative, politique et judiciaire, ces aménagements d’une importance sociale capitale révèlent le fonctionnement de l’appareil municipal au sein duquel ils agissent et la manière dont celui-ci prend en charge le citoyen. Par l’étude de la formalisation des services publics dans l’architecture municipale et de leur adaptation aux formes urbaines, quels nouveaux aménagements pouvons-nous anticiper en conservant les aspects significatifs de la rencontre physique entre la municipalité et ses citoyens?

CONCEVOIR LES LIEUX DE VIE D’UNE HABITATION TRANSITOIRE POUR JEUNES DE 8 A 14 ANS A PROFIL MULTIPROBLEMATIQUE COMPLEXE

Chercheur.e.s LEAP: Anne Cormier + Denis Bilodeau + Virginie Lasalle

Période: 2020

Contexte
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).a contacté la professeure Virginie LaSalle afin d’être aidé dans les démarches de design d’intérieur des lieux de vie d’un nouveau modèle d’habitation transitoire destiné à des jeunes de 8 à 14 ans, à profil multiproblématique complexe.
Ces lieux d’habitation transitoire doivent être conçus pour répondre aux besoins spécifiques de la clientèle visée ainsi que des intervenants cliniques qui y travaillent. Il est essentiel que les aménagements soient sécuritaires, durables et adaptés aux activités se déroulant dans les différents espaces. On attend de plus que l’ambiance de ces lieux se distingue d’une ambiance « institutionnelle » ; en ce sens, on souhaite créer une ambiance accueillante et apaisante, adaptée et aux caractéristiques sensorielles des jeunes qui y séjournent.
L’approche favorisée a pour premier objectif d’assurer la qualité des lieux de vie aménagés dont les plans ont été initialement élaborés par un architecte mandaté, et de proposer des pistes d’amélioration à ces aménagements, en appui au milieu clinique. Dans cette intention, les travaux sont menés en rapport avec ceux du designer d’intérieur Julien Delannoy, mandaté pour ce projet par le CIUSSS MCQ. Les démarches effectuées doivent s’intégrer, à terme, à un « Guide d’aménagement » produit en vue des de fournir des recommandations et constats qui informeront des projets comparables.

Approche implantée
L’approche mise en place inclut (1) la production d’un rapport comportant des recommandations générales sur le design d’intérieur du modèle d’habitation transitoire pour jeunes à profil multiproblématique complexe, élaboré pour le CIUSSS MCQ. Ce document portera sur les principes de design à respecter et des pratiques de design exemplaires, en appui aux décisions de l’équipe du CIUSSS et de design. Ce volet sert la préparation du matériel d’un l’atelier de codesign (2) réalisé à Trois-Rivières avec des intervenants du milieu clinique, des proches de résidents ainsi que des responsables du CIUSSS (octobre 2019) a permis de mettre les propositions de design préliminaires à l’épreuve des savoirs expérientiels et des expertises des différents usagers futurs du lieu. Enfin, une coordination a été assurée entre l’équipe d’expertise-conseil et l’équipe de design, pour assurer le transfert des connaissances et le bon fonctionnement de la démarche de design.

Virginie Lasalle, Anne Cormier et Denis Bilodeau

Mandat d’expertise-conseil en appui au milieu clinique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

TERRITOIRE EN MOUVEMENT ET CORPS AU REPOS: UN INVENTAIRE DES HALTES ROUTIERES QUEBECOISES

Chercheur.e.s LEAP: Thomas-Bernard Kenniff + Bechara Helal + Virginie Lasalle

Période: 2020

Ce projet de recherche-conception propose un inventaire des haltes routières du réseau routier québécois afin d’explorer, par le projet de design, leur relation au territoire, à l’appareil gouvernemental et à l’imaginaire culturel. Il repose sur le fait de voir, dans la halte routière, non seulement une offre de services aux voyageurs, mais un dispositif biopolitique déployé à l’échelle du territoire.

La halte routière met en jeu politique et bureaucratie provinciale, mécanismes de privatisation des biens publics, identité culturelle et biologique, questions de genres, gestion des corps, hygiène publique et pratiques illicites. Bien au-delà de leur potentiel en tant que lieux pouvant mettre en valeur le territoire et le paysage local, les haltes routières forment une vaste constellation d’interfaces culturelles qui associent l’appareil gouvernemental aux personnes en mouvement. Celles-ci expriment donc la prise en charge, par l’état ou la municipalité, des fonctions biologiques des voyageurs, renforce l’agencement socio-matériel du territoire tout en étant un lieu de différenciation et, surtout, participe activement au contrôle et à la régulation de ces fonctions et de cette organisation en les territorialisant.

Au Québec, le développement des parcs routiers va de pair avec la modernisation de l’état et la construction du réseau routier dans la deuxième moitié du 20e siècle. La grande majorité des haltes routières furent construites dans les décennies 1960 et 1970 et celles-ci conservent un langage architectural allusif au vernaculaire et un lien avec l’état (gestion). Bien qu’elles soient modèles de « non-lieux », leur architecture et la responsabilité gouvernementale confèrent au parc des haltes québécoise un lien symbolique par rapport à l’identité culturelle inscrite dans le territoire et à la prise en charge publique des services aux voyageurs. Le projet de modernisation des haltes québécoise gérées par le Ministère des Transports du Québec (MTQ) se développe lentement depuis près de 30 ans, mais s’est accéléré dans les années 2000. Le MTQ, qui gère 102 des haltes routières de la province (213 sont municipales), est en voie de produire des relevés en vue de leur modernisation et potentielle privatisation. Nous nous trouvons donc à un moment charnière de la transformation du réseau des parcs routiers, une situation qui appelle et justifie de se pencher sur la place que ces haltes occupent dans l’imaginaire collectif et sur leurs liens avec le territoire. Incidemment, une des contributions principales du projet réside dans le contexte particulier de manque de documentation des haltes et de l’importance d’en faire un relevé (autre que technique) dans la foulé de leur modernisation.

Le projet inclut la documentation sur le terrain, l’exploration par la photographie et le dessin dans le cadre d’une première phase d’investigation, de synthèse des données et d’expérimentation menant éventuellement, lors d’une seconde phase, à la réalisation d’un livre et d’une exposition.

Thomas-Bernard Kenniff, Bechara Helal et Virginie Lasalle
Le projet bénéficie du soutien de la Faculté des arts de l’UQAM et du Ministère des transports du Québec.

L’ART ET LA SCIENCE DE CONSTRUIRE, PIER LUIGI NERVI

Chercheur LEAP: Bechara Helal

Période: 2020 – 2021

Un véritable maître de la pierre artificielle et industrialisée, le « ciment armé », Pier Luigi Nervi (1891-1979) est certainement parmi les ingénieurs en structure les plus influents du vingtième siècle. Nervi combine son approche humaniste de l’ingénierie avec une démarche d’exploration ancrée dans le travail de la matière pour déterminer un axe de recherche et d’application du béton armé et du ferrociment en particulier qui allait lui permettre de réaliser un corpus d’oeuvres remarquables aussi bien en matière de techniques de construction que de formes architecturales. Durant sa carrière, Nervi a participé à la réalisation d’édifices iconiques de l’architecture du vingtième siècle comme le Palazzetto dello sport à Rome (1958), le Palais du Travail à Turin (1960) et la tour Pirelli à Milan (1960). Une autre réalisation majeure, qui est d’ailleurs en lien direct avec Montréal, est la tour de Place Victoria (1964), qu’il conçoit en collaboration avec l’architecte Luigi Moretti.

Ce projet autour de l’oeuvre de Pier Luigi Nervi comporte plusieurs composantes : présentation d’une exposition itinérante accompagnée d’un volet local, une conférence publique, une journée d’étude, et une visite accompagnée d’une conférence grand public. L’exposition, intitulée Pier Luigi Nervi. L’art et la science de construire, est une version itinérante, allégée et adaptée de l’exposition Pier Luigi Nervi : Architecture as Challenge présentée pour la première fois à Bruxelles en 2010. Cette exposition sera présentée au Centre de design de l’UQAM du 20 septembre au 20 novembre 2020. Le volet local de l’exposition sera préparé par des professeurs de l’École de design de l’UQAM et de l’École d’architecture de l’Université de Montréal. Ce contenu à la fois distinct et original permettra de porter un regard sur la contribution de Nervi au développement de trois pratiques constructives interreliées : la préfabrication, l’expérimentation en laboratoire, et l’industrialisation. Intitulée Nervi. Maître concepteur, ce volet de l’exposition sera basé sur la documentation, l’analyse et la représentation en maquette d’un groupe de projets réalisés par Nervi qui témoignent de son approche atypique de la conception dans la production de l’environnement bâti.

L’exposition itinérante et son volet local serviront de point d’ancrage pour l’organisation d’activités de réflexion et de diffusion auprès de divers publics : une conférence publique sur l’originalité conceptuelle et constructive de Nervi, une journée d’étude sur les rapports entre conception et expérimentation chez Nervi et son héritage au 21e siècle, une visite guidée de Place Victoria à Montréal, et une conférence grand public sur une expérience de travail avec Nervi.

Plusieurs organismes parrains ont déjà confirmé leur intérêt à être associés à ce projet : l’Institut Italien de la Culture de Montréal, l’Ordre des architectes du Québec, Le groupe Petra, l’organisme Docomomo Québec, La chaire Industrielle Pomerleau Construction associé à l’école Polytechnique Montréal ainsi que l’Institut Canadien du béton préfabriqué et précontraint. La diversité de ces partenaires témoigne d’emblée du caractère fédérateur de ce projet d’exposition, de réflexion et de diffusion. Même plusieurs décennies après la fin de sa carrière, Nervi demeure une icône emblématique de la modernité en architecture et continue de susciter un grand intérêt interdisciplinaire. Le présent projet autour de l’oeuvre de Nervi permettra de cadrer son importance, de redécouvrir les leçons de sa pratique de concepteur / constructeur, de diffuser ces leçons pour un public large et transdisciplinaire et d’engager des discussions porteuses entre l’ensemble des intervenants du projet.

Carlo Carbone, Louise Pelletier, Bechara Helal et Réjean Legault
Exposition et colloque au Centre de design de l’UQAM financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Connexion), l’Institut italien et l’Ordre des Architectes du Québec 2020-2021

LA VILLE EXTRAORDINAIRE: APPRENDRE DES CONNAISSANCES URBAINES DES ANCIENS A MONTREAL PAR LA RECHERCHE-CRÉATION ET L’HISTOIRE ORALE.

Chercheur.e.s LEAP: Ursula Eicker + Denis Bilodeau

Période: 2020 – 2022

Problématique
Que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre en avant ces connaissances et cette expérience, et partager et diffuser leurs valeurs avec le public et les décideurs ? Comment ces connaissances peuvent-elles servir de guide vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ? La ville extraordinaire soutiendra la création de parcours interdisciplinaires pour rassembler et rendre public l’extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés.

Contribution à la connaissance
Les quatre groupes communautaires avec lesquels nous travaillons sont culturellement, racialement, linguistiquement et politiquement divers et représentent des quartiers très différents de Montréal. Notre méthodologie combine l’histoire orale, les arts communautaires, la scénographie urbaine, la collecte de données et la cartographie afin d’enregistrer, de répondre et de diffuser les connaissances urbaines distinctes de ces partenaires de façon créative. En utilisant des outils numériques, des techniques de cartographie déjà éprouvées comme nouvelles, ainsi que des méthodes créatives axées sur le lieu, nous mobiliserons une approche intergénérationnelle, interculturelle et interdisciplinaire pour répondre à nos principales questions de recherche : que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre ces connaissances à l’avant-plan les partager avec le grand public comme avec les décideurs au sens large ? Comment, enfin, ces connaissances peuvent-elles servir de guide multilingue vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ?
La ville extraordinaire établira des liens constructifs entre les connaissances des Montréalais âgés sur les changements urbains et les productions artistiques publiques. Pour nous, les villes ne sont pas simplement des paysages de jeunesse et de mobilité sans entraves. En plus de servir d’intervention stratégique dans le discours vieillissant qui s’intensifie au Québec, notre partenariat soutiendra que la mémoire vivante et la narration publique et créative sont de puissants moyens de parvenir à un engagement collectif et à une transformation sociale d’envergure.

Portée
La ville extraordinaire rassemblera et rendra public l’extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés. Notre partenariat mettra en œuvre la recherche-création en histoire orale comme méthode principale, et nous exposerons nos résultats en 2023-24 dans un important musée de Montréal, Mémoire des Montréalais.es, qui nous aidera à rendre ces connaissances visibles, audibles et palpables. Notre objectif – rassembler et de partager les connaissances des aînés sur les changements urbains – est en fin de compte de stimuler des dialogues plus solides et plus inclusifs sur l’avenir urbain de Montréal, en tant que lieu intergénérationnel, interculturel et historique.

Cynthia Hammond (PI), Shauna Janssen (Concordia University), Denis Bilodeau et Ursula Eickerand (Concordia University)
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Développement des partenariats) 2020-2022

LES ESPACES D’UNE JUSTICE RÉPARATRICE ET TRANSITOIRE : ARCHITECTURE, HISTOIRE ORALE ET DESIGN

Chercheure LEAP: Ipek Türeli 

Période: 2020 – 2022

Problématique
Ce projet vise à comprendre l’environnement bâti comme le contexte physique principal de la « justice réparatrice » et de la « justice transitionnelle ». Ces approches alternatives de la justice valorisent la vérité, la responsabilité, la réparation, la réconciliation, la résolution des conflits et la participation démocratique, et elles sont de plus en plus utilisées dans les contextes post-coloniaux et post-conflit. Malgré l’essor des paradigmes de justice alternative, les espaces de justice transitionnelle et réparatrice sont rarement conçus à des fins spécifiques, et encore moins étudiés relativement à leur mode de conception. L’objectif du projet proposé est donc de produire des recherches et des créations qui apporteront des connaissances scientifiques ainsi qu’un service pratique aux efforts de justice alternative dans le domaine spécifique de l’espace. Nous proposons de créer des réponses pratiques et ouvertes à notre question principale : Comment la conception spatiale pourrait-elle soutenir et encourager les paradigmes de justice non traditionnels ?

Contribution à la connaissance
Notre projet permettra d’accroître l’accessibilité, la circulation et l’échange de connaissances sur les espaces de justice réparatrice et transitoire. Au cours des phases I et II du projet, nous rassemblerons des recherches secondaires et téléchargerons sur notre site web/banque de données en libre accès des exemples d’espaces dans lesquels on observe la pratique de justice réparatrice et transitoire. Chaque élément sera accompagné d’un court texte rédigé par les membres de l’équipe. Ceux-ci expliqueront l’exemple et sa signification dans le cadre plus large de la conception de la justice réparatrice et transitoire (quel est précisément l’espace ? Où est-il situé ? A quoi sert-il en termes de justice réparatrice et/ou transitoire ? Que peut-on en apprendre ?). De cette façon, le projet fournira une ressource à la fois à la communauté universitaire et à une communauté internationale de praticiens de modèles de justice non traditionnelle cherchant à en savoir plus sur les problèmes et les précédents dans ce domaine.
Les phases III et IV du projet sont également conçues pour mobiliser les connaissances que nous produirons. Les cinq prototypes de conception produits au cours de la phase III seront ajoutés à notre site web/base de données, ainsi que des extraits d’interviews (avec permission des personnes interviewés). Ces ajouts augmenteront considérablement la valeur et la diffusion du projet auprès du public. Dans la phase IV, l’essai final coécrit et revu par les pairs suscitera un large lectorat dans les domaines des études de la justice, de la justice réparatrice et transitoire et de la défense de la justice.

Portée
Ce projet bénéficiera à la création de connaissances et aux résultats intellectuels en étant le premier projet de recherche universitaire, à notre connaissance, à réaliser une enquête publique sur les espaces de pratiques de justice réparatrice et transitoire dans différents pays. Parce qu’il portera sur des espaces conçus à dessein et des espaces de fortune, il intéressera tout autant les historiens de l’environnement bâti que les militants.

Cynthia Hammond (PI), Ipek Türeli et Luis Sotelo Castro (Concordia University),
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme développement Savoir) 2020-2022

UNE ÉCOLOGIE DES CULTURES DU BOIS AU CANADA (2003-2020) : COMPARAISON DES CULTURES CONSTRUCTIVES À TRAVERS LES PROJETS ARCHITECTURAUX PRIMÉS

Chercheur.e.s LEAP: Izabel Amaral + Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella

Période: 2020 – 2022

À l’intersection de la théorie architecturale et des études culturelles, cette recherche examine l’architecture en bois comme un univers symbolique qui nous permet d’étudier la présence de la nature dans la culture humaine. Cette recherche théorisera la diversité des expressions de la qualité dans l’architecture canadienne, des points de vue de la préoccupation environnementale, de la culture constructive et de l’expression architecturale. En considérant l’architecture en bois comme une forme d' »écologie culturelle », elle cherchera à révéler comment les cultures canadiennes représentent et symbolisent leurs relations avec la terre et les ressources naturelles, ainsi qu’avec les cultures de ses peuples fondateurs.

Malgré l’intérêt pour le bois comme alternative majeure aux matériaux de construction à base de combustibles fossiles, cette recherche met en évidence le spectre symbolique des bâtiments en bois qui va des traditions locales et indigènes à l’esthétique écologique, représentant des formes de fabrication qui reposent à la fois sur une pratique traditionnelle de l’architecture et sur les technologies de construction récentes comme la conception assistée par ordinateur. Nous cherchons à mieux interpréter et comprendre comment les progrès de la pratique architecturale et des techniques de construction affectent la façon dont l’architecture est envisagée et construite au Canada au cours des dernières décennies. Parallèlement à l’étude de l’influence des considérations environnementales sur les formes architecturales au Canada, nous donnerons un sens à la dissonance au sein de la théorie de l’architecture entre les idées sur l’interdépendance et de l’autonomie de la forme architecturale (son apparence visuelle), du matériau (de quoi il est fait) et de la signification (les messages et idéaux qu’il exprime). Cette enquête fournira également une étude empirique mettant en perspective deux points de vue théoriques en matière de théorie architecturale. Ils ont été respectivement soutenus par les auteurs Kenneth Frampton (Columbia University) et Antoine Picon (Harvard University) qui défendent des points de vue opposés sur la matérialité et la culture numérique. Considérant un corpus de projets primés centrées sur le bois comme matériau de construction durable, cette recherche évaluera l’architecture canadienne exemplaire des bâtiments culturels publics et sa reconnaissance analytique en tant que pratique culturelle. Grâce à une série d’analyses comparatives au sein d’un corpus empirique de 40 projets récompensés en Ontario et au Québec, entre 2003 et 2020, nos principaux objectifs et nos principales phases de recherche sont les suivants :

Identification et illustration des expressions culturelles dans l’architecture en bois canadienne
Afin d’obtenir une compréhension approfondie de la variété des pratiques et des cultures dans l’architecture canadienne en bois, nous documenterons et analyserons les bâtiments en bois récompensés (par le biais de photographies, de dessins, de modèles physiques, de textes, etc.) Nous étudierons et identifierons ensuite les tensions entre les discours sur la durabilité et l’expression architecturale, ce qui nous permettra de sonder la place occupée par l’architecture en bois comme (1) une forme symbolique d’environnementalisme, comme (2) une stratégie pour s’engager avec les perceptions esthétiques, comme (3) lieu d’un débat sur les cultures traditionnelles et numériques dans la conception architecturale, et comme (4) un moyen pour les concepteurs d’encourager la vitalité des communautés et industries locales.

Visualisation et diffusion des résultats de la recherche
Les 40 projets étudiés seront publiés dans une source en libre accès, l’Atlas de l’excellence en architecture, une plateforme de documentation et de recherche sur l’architecture canadienne primée. Nous soumettrons également des travaux universitaires sur l’architecture canadienne en bois à une variété de publications en libre accès et évaluées par des pairs, ainsi que des présentations scientifiques dans le cadre d’événements universitaires. D’autres documents seront rassemblés et organisés pour une exposition d’architecture en bois canadienne exemplaire.

Izabel Amaral (Laurentian University), Jean-Pierre Chupin et Carmela Cucuzzella,
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme développement Savoir) 2020-2022

LES GRATTE-CIELS, UNE RÉPONSE COMPLEXE À LA MONTÉE DES EAUX

Chercheurs LEAP: Bechara Helal + Jean-Pierre Chupin

Période: 2020

La recherche se propose de définir les principes d’une nouvelle typologie de gratte-ciel capable de répondre aux défis de la montée des eaux, à la fois grâce à une meilleure résilience des niveaux inférieurs et à des adaptations potentielles des étages supérieurs à des fins de sécurité et de collecte d’énergie.

Objectifs :
Cette recherche exploratoire mettra en évidence les catégories de gratte-ciel les plus favorables à une adaptation de leurs étages inférieurs et supérieurs visant à les rendre plus résilients.
Problématique : Comment les gratte-ciels traditionnels pourraient-ils tenir debout en cas de grandes inondations ?
Questions de recherche :
1 – Quelles sont les principales stratégies de conception qui peuvent être déployées par les architectes pour transformer les niveaux inférieurs en cas de submersion ?
2 – Comment repenser les niveaux supérieurs, afin de permettre un refuge temporaire pour les usagers ?

Portée :
De New York à Shanghai, les villes côtières sont menacées par l’élévation du niveau de la mer et les marées de tempête imprévisibles. Selon un pronostic bien connu, d’ici 2050 environ 68 % de la population mondiale vivra dans des zones urbaines (Révision des perspectives d’urbanisation mondiale, 2018), ce qui implique le développement de structures verticales. 90 % des plus grandes villes du monde sont situées en bord de mer, pourtant, jusqu’à présent, la plupart des efforts déployés pour faire face au changement climatique ont porté bien davantage sur l’atténuation que sur l’adaptation. (Depietri. McPhearson. 2017).
Ces dernières années, les questions liées à l’eau ont fait l’objet d’une grande attention de la part de la communauté internationale. La seule réponse à cette tragédie imminente est d’adopter sans délais une stratégie efficace. (Dimensions of Sustainability, 1999.)
Jusqu’à présent, plusieurs stratégies d’ajout de superstructures ont été proposées dans des villes comme New York. Par exemple, le groupe de développement JDS a redessiné les toits des immeubles résidentiels, créant malheureusement des architectures peu excitantes et réservées aux résidences luxueuses. Ce genre de solution n’est donc pas pertinente pour d’autres types de structures de grande hauteur.

Contributions à long-terme :
Cette recherche contribuera au nécessaire débat sur le design des gratte-ciels contemporains, et plus particulièrement sur l’adaptation des systèmes aux effets du changement climatique. La recherche ouvrira la voie à une stratégie d’adaptation des structures existantes. Elle permettra également de questionner l’esthétique des gratte-ciels à l’ère du changement climatique, dans laquelle ils pourraient devenir des instruments actifs de la résistance et la résilience des villes à des menaces sans précédent.

Mandana Bafghinia, candidate au doctorat, chercheuse responsable
Superviseurs : Jean-Pierre Chupin et Bechara Helal
Assistant de recherche : Conor DeSantis, étudiant en master d’études urbaines

Recherche financée par le Council of Tall Building and Urban Habitat (CTBUH – student research award),

CARMELA CUCUZZELLA DIRIGE LA CHAIRE DE RECHERCHE IDEAS-BE DE L’UNIVERSITÉ DE CONCORDIA

Chercheure LEAP: Carmela Cucuzzella 

Période: 2020 – 2025

La Concordia University Research Chair (CURC) de Carmela Cucuzzella dans IDEAS-BE est renouvelée de juillet 2020 à juillet 2025.

La chaire de recherche de l’Université Concordia en conception intégrée, écologie et durabilité pour l’environnement bâti (ideas-be) se concentre sur l’étude des projets et des pratiques de conception pour l’environnement bâti situés au carrefour des préoccupations culturelles, sociales, environnementales et économiques. Elle considère la durabilité comme un paradigme qui traverse les principales disciplines et professions concernées par la conception pour l’environnement bâti (design urbain, architecture et paysage). Ce programme de recherche identifie, catégorise et diffuse les transformations stratégiques des intentions durables dans la conception de l’environnement bâti urbain. Notre principal objectif est de mieux comprendre comment les concepteurs vont au-delà des injonctions actuelles des normes et politiques environnementales afin d’atteindre un équilibre créatif entre l’éthique de la conception et l’esthétique dans leurs projets d’espace public – une question qui est restée largement ignorée dans la théorie récente du design.