VIVRE LA QUALITÉ AU QUOTIDIEN : PROTOCOLE D’ENQUÊTE ET D’ÉVALUATION QUALITATIVE DE LA VALEUR SOCIALE DES ÉDIFICES PUBLICS PAR LE RECUEIL D’EXPÉRIENCES VÉCUES PAR LES USAGERS

Cette proposition s’inscrit dans la section Opération qualité de la Trousse qualité de la Ville de Montréal. Elle s’adresse plus particulièrement aux stratégies de pérennisation, de recadrage et de communication. Pérennisation en ce que le recueil de l’expérience vécue de la qualité est un des garants d’une bonne compréhension des cycles de vie et devrait faire partie intégrante des plans de suivi de la qualité. Leur diffusion contribuerait à un meilleur apprentissage collectif. En tant qu’éléments d’une approche réflexive, le recueil de l’expérience vécue est un déterminant des stratégies de recadrage. Mais c’est aussi en tant que point de contact avec la réalité vécue dans les édifices et lieux publics – en tant que mode de consultation en continu – que la collecte de l’expérience vécue devrait informer les stratégies de communication.

La Trousse qualité est un excellent exercice de cartographie des tenants et aboutissants de la qualité des environnements construits qui place la Ville de Montréal à l’avant-poste des stratégies municipales en la matière dans le paysage des villes canadiennes. C’est déjà ce qui nous est donné d’observer à titre d’organisateur d’un vaste projet de recherche en partenariat financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (2022-2027), de ce que les propositions de la Ville de Montréal inspirent déjà à d’autres villes canadiennes membres de notre projet.

Notre recherche partenariale s’intitule de fait : Qualité dans l’environnement construit au Canada : Feuilles de route vers l’équité, la valeur sociale et la durabilité (Pour plus d’information, voir : https://livingatlasofquality.ca/fr/home#). La présente proposition permettrait d’établir des passerelles entre les initiatives nationales et municipales. En offrant de développer un protocole de captation des expériences vécues positives de la qualité, notre proposition s’inscrit donc à la fois dans la stratégie d’exemplarité de la Ville de Montréal qui est à la source de la Trousse qualité, et elle se propose de faire le lien avec une réflexion à l’échelle du Canada. Enfin, ce projet s’inscrit dans la logique mise en place par la Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire (Mieux habiter et bâtir notre territoire) dévoilée le 6 juin 2023 par le gouvernement du Québec. Il prend acte des onze principes directeurs et des « 6 conditions favorisant la qualité architecturale » formulés dans l’aide-mémoire « Pour une architecture humaine, durable et créative ».

Dans les environnements publics, nous partons du principe que la qualité se conçoit et se construit, mais surtout que la qualité se partage et qu’il est aujourd’hui indispensable de susciter un débat élargi sur la qualité. Il s’agit de favoriser la compréhension la plus large des déterminants de la qualité vue de répondre à la question suivante : comment accroître la capacité de la diversité des usagers des édifices publics municipaux à voir, à exprimer et à mieux comprendre ce qui définit la qualité des environnements bâtis à Montréal en les invitant à partager des expériences vécues positives de la qualité?

ROADMAPS TO IMPROVE QUALITY FOR SPACES OF HEALTH AND AGING IN THE LOCALIZATION OF UNITED NATIONS SUSTAINABLE DEVELOPMENT GOALS

This research focuses on the structure of the United Nations Sustainable Development Goals (UN SDGs) and their applicability to urban design projects. Systems thinking was introduced as a method to help understand how the UN SDGs can be localized in the design process, and specifically in articulating the design situation and its stakeholders. We presented a series of case studies that show how the UN SDGs can be integrated by thinking about the municipal operations, the actors, and the metrics for understanding this alignment.

ARCHITECTURE CITOYENNE COMME INTERFACE MUNICIPALE

L’architecture municipale comme interface citoyenne : un inventaire prospectif pour documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois

Projet de recherche-création qui a pour but de documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois.

Dans le contexte d’aménagement régional, l’accès en personne aux services municipaux soulève des questions d’exclusion géographique et d’adaptation des installations architecturales au territoire desservi. L’actuel déplacement des services vers les plateformes en ligne et la dévaluation perçue de l’architecture civique remettent en cause l’importance de ces installations et leur rôle dans une culture politique durable. Notre projet s’intéresse à l’aménagement de deux types d’installations des municipalités du Québec: les hôtels-de-ville et les cours municipales. Compris en tant qu’interfaces municipales entre le citoyen et l’entité administrative, politique et judiciaire, ces aménagements d’une importance sociale capitale révèlent le fonctionnement de l’appareil municipal au sein duquel ils agissent et la manière dont celui-ci prend en charge le citoyen. Par l’étude de la formalisation des services publics dans l’architecture municipale et de leur adaptation aux formes urbaines, quels nouveaux aménagements pouvons-nous anticiper en conservant les aspects significatifs de la rencontre physique entre la municipalité et ses citoyens?

CONCEVOIR LES LIEUX DE VIE D’UNE HABITATION TRANSITOIRE POUR JEUNES DE 8 A 14 ANS A PROFIL MULTIPROBLEMATIQUE COMPLEXE

Contexte
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).a contacté la professeure Virginie LaSalle afin d’être aidé dans les démarches de design d’intérieur des lieux de vie d’un nouveau modèle d’habitation transitoire destiné à des jeunes de 8 à 14 ans, à profil multiproblématique complexe.
Ces lieux d’habitation transitoire doivent être conçus pour répondre aux besoins spécifiques de la clientèle visée ainsi que des intervenants cliniques qui y travaillent. Il est essentiel que les aménagements soient sécuritaires, durables et adaptés aux activités se déroulant dans les différents espaces. On attend de plus que l’ambiance de ces lieux se distingue d’une ambiance « institutionnelle » ; en ce sens, on souhaite créer une ambiance accueillante et apaisante, adaptée et aux caractéristiques sensorielles des jeunes qui y séjournent.
L’approche favorisée a pour premier objectif d’assurer la qualité des lieux de vie aménagés dont les plans ont été initialement élaborés par un architecte mandaté, et de proposer des pistes d’amélioration à ces aménagements, en appui au milieu clinique. Dans cette intention, les travaux sont menés en rapport avec ceux du designer d’intérieur Julien Delannoy, mandaté pour ce projet par le CIUSSS MCQ. Les démarches effectuées doivent s’intégrer, à terme, à un « Guide d’aménagement » produit en vue des de fournir des recommandations et constats qui informeront des projets comparables.

Approche implantée
L’approche mise en place inclut (1) la production d’un rapport comportant des recommandations générales sur le design d’intérieur du modèle d’habitation transitoire pour jeunes à profil multiproblématique complexe, élaboré pour le CIUSSS MCQ. Ce document portera sur les principes de design à respecter et des pratiques de design exemplaires, en appui aux décisions de l’équipe du CIUSSS et de design. Ce volet sert la préparation du matériel d’un l’atelier de codesign (2) réalisé à Trois-Rivières avec des intervenants du milieu clinique, des proches de résidents ainsi que des responsables du CIUSSS (octobre 2019) a permis de mettre les propositions de design préliminaires à l’épreuve des savoirs expérientiels et des expertises des différents usagers futurs du lieu. Enfin, une coordination a été assurée entre l’équipe d’expertise-conseil et l’équipe de design, pour assurer le transfert des connaissances et le bon fonctionnement de la démarche de design.

Virginie Lasalle, Anne Cormier et Denis Bilodeau

Mandat d’expertise-conseil en appui au milieu clinique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

TERRITOIRE EN MOUVEMENT ET CORPS AU REPOS: UN INVENTAIRE DES HALTES ROUTIERES QUEBECOISES

Ce projet de recherche-conception propose un inventaire des haltes routières du réseau routier québécois afin d’explorer, par le projet de design, leur relation au territoire, à l’appareil gouvernemental et à l’imaginaire culturel. Il repose sur le fait de voir, dans la halte routière, non seulement une offre de services aux voyageurs, mais un dispositif biopolitique déployé à l’échelle du territoire.

La halte routière met en jeu politique et bureaucratie provinciale, mécanismes de privatisation des biens publics, identité culturelle et biologique, questions de genres, gestion des corps, hygiène publique et pratiques illicites. Bien au-delà de leur potentiel en tant que lieux pouvant mettre en valeur le territoire et le paysage local, les haltes routières forment une vaste constellation d’interfaces culturelles qui associent l’appareil gouvernemental aux personnes en mouvement. Celles-ci expriment donc la prise en charge, par l’état ou la municipalité, des fonctions biologiques des voyageurs, renforce l’agencement socio-matériel du territoire tout en étant un lieu de différenciation et, surtout, participe activement au contrôle et à la régulation de ces fonctions et de cette organisation en les territorialisant.

Au Québec, le développement des parcs routiers va de pair avec la modernisation de l’état et la construction du réseau routier dans la deuxième moitié du 20e siècle. La grande majorité des haltes routières furent construites dans les décennies 1960 et 1970 et celles-ci conservent un langage architectural allusif au vernaculaire et un lien avec l’état (gestion). Bien qu’elles soient modèles de « non-lieux », leur architecture et la responsabilité gouvernementale confèrent au parc des haltes québécoise un lien symbolique par rapport à l’identité culturelle inscrite dans le territoire et à la prise en charge publique des services aux voyageurs. Le projet de modernisation des haltes québécoise gérées par le Ministère des Transports du Québec (MTQ) se développe lentement depuis près de 30 ans, mais s’est accéléré dans les années 2000. Le MTQ, qui gère 102 des haltes routières de la province (213 sont municipales), est en voie de produire des relevés en vue de leur modernisation et potentielle privatisation. Nous nous trouvons donc à un moment charnière de la transformation du réseau des parcs routiers, une situation qui appelle et justifie de se pencher sur la place que ces haltes occupent dans l’imaginaire collectif et sur leurs liens avec le territoire. Incidemment, une des contributions principales du projet réside dans le contexte particulier de manque de documentation des haltes et de l’importance d’en faire un relevé (autre que technique) dans la foulé de leur modernisation.

Le projet inclut la documentation sur le terrain, l’exploration par la photographie et le dessin dans le cadre d’une première phase d’investigation, de synthèse des données et d’expérimentation menant éventuellement, lors d’une seconde phase, à la réalisation d’un livre et d’une exposition.

Thomas-Bernard Kenniff, Bechara Helal et Virginie Lasalle
Le projet bénéficie du soutien de la Faculté des arts de l’UQAM et du Ministère des transports du Québec.[vc_gallery interval= »5″ images= »22473,22472,22471,22470″ img_size= »large »]

LE LOGEMENT POUR LA JUSTICE SPATIALE : DES COOPÉRATIVES POUR FEMMES À MONTRÉAL

Montréal compte des centaines de coopératives d’habitation. Plusieurs d’entre elles ont été fondées par des femmes militantes et professionnelles de la classe moyenne afin de rendre autonomes les femmes à faible revenu. Cette recherche étudie la manière dont les conceptions physiques (architecturales) des coopératives de logement féministes ont cherché à autonomiser les femmes et comment les aspects de leur conception ont été reçus par les résidents.

Les coopératives de logements féministes s’inscrivent dans la longue histoire des actions et des mouvements des femmes pour améliorer les villes en Amérique du Nord pour les femmes au XXIe siècle, depuis les féministes matérialistes, le settlement movement ainsi que le combat pour le droit de vote, au féminisme de la deuxième vague qui a conduit à des perspectives concurrentes et complémentaires sur les femmes, et plus particulièrement sur la façon dont elles vivent et utilisent l’environnement bâti et sur la façon dont leur expérience peut être améliorée. Un courant préconisait notamment l’intégration d’espaces et d’institutions jusqu’alors réservés aux hommes, et la création parallèle d’espaces réservés aux femmes, tels que les bibliothèques pour femmes, les logements pour femmes et les refuges pour femmes (Espagne, 2016). Les coopératives de logement féministes s’inscrivent dans ce dernier schéma.

Cette recherche examine plusieurs projets de logement pour femmes, créés à Montréal et gérés par des coopératives. Les militantes féministes du logement ont reconnu que les femmes, et en particulier les familles monoparentales dirigées par des femmes, étaient désavantagées tant sur le marché du travail que dans l’accès à un logement abordable (Wekerle, 1980). Les projets de logement coopératif ont contribué à la revitalisation des quartiers du centre-ville en améliorant le parc immobilier et les réseaux communautaires existants sans provoquer de déplacements. Les féministes ont mis l’accent sur les espaces collectifs et les équipements partagés qui favoriseraient la diversité, mais, comme le montre notre recherche, de telles ambitions n’ont pas atteint les objectifs du CMHSC ni ceux d’autres organismes de financement qui visaient à normaliser les unités et à faire face à la réalité de leurs maigres budgets. Même lorsqu’elles en ont eu les moyens et qu’elles en ont pris conscience, d’autres problèmes sont apparus concernant la participation et le maintien de l’ordre. En examinant comment ces importantes expériences ont réussi en utilisant l’histoire orale et l’analyse du paysage culturel, cette recherche contribue aux discussions actuelles sur l’activisme en matière de logement et les relations entre logement et genre.

Ipek Tureli et Virginie Lasalle
recherche subventionnée par Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada , la Chaire de recherche du Canada en Architecture de la Justice Spatiale et la Fondation Canadienne pour l’innovation 2018-

L’ART ET LA SCIENCE DE CONSTRUIRE, PIER LUIGI NERVI

Un véritable maître de la pierre artificielle et industrialisée, le « ciment armé », Pier Luigi Nervi (1891-1979) est certainement parmi les ingénieurs en structure les plus influents du vingtième siècle. Nervi combine son approche humaniste de l’ingénierie avec une démarche d’exploration ancrée dans le travail de la matière pour déterminer un axe de recherche et d’application du béton armé et du ferrociment en particulier qui allait lui permettre de réaliser un corpus d’oeuvres remarquables aussi bien en matière de techniques de construction que de formes architecturales. Durant sa carrière, Nervi a participé à la réalisation d’édifices iconiques de l’architecture du vingtième siècle comme le Palazzetto dello sport à Rome (1958), le Palais du Travail à Turin (1960) et la tour Pirelli à Milan (1960). Une autre réalisation majeure, qui est d’ailleurs en lien direct avec Montréal, est la tour de Place Victoria (1964), qu’il conçoit en collaboration avec l’architecte Luigi Moretti.

Ce projet autour de l’oeuvre de Pier Luigi Nervi comporte plusieurs composantes : présentation d’une exposition itinérante accompagnée d’un volet local, une conférence publique, une journée d’étude, et une visite accompagnée d’une conférence grand public. L’exposition, intitulée Pier Luigi Nervi. L’art et la science de construire, est une version itinérante, allégée et adaptée de l’exposition Pier Luigi Nervi : Architecture as Challenge présentée pour la première fois à Bruxelles en 2010. Cette exposition sera présentée au Centre de design de l’UQAM du 20 septembre au 20 novembre 2020. Le volet local de l’exposition sera préparé par des professeurs de l’École de design de l’UQAM et de l’École d’architecture de l’Université de Montréal. Ce contenu à la fois distinct et original permettra de porter un regard sur la contribution de Nervi au développement de trois pratiques constructives interreliées : la préfabrication, l’expérimentation en laboratoire, et l’industrialisation. Intitulée Nervi. Maître concepteur, ce volet de l’exposition sera basé sur la documentation, l’analyse et la représentation en maquette d’un groupe de projets réalisés par Nervi qui témoignent de son approche atypique de la conception dans la production de l’environnement bâti.

L’exposition itinérante et son volet local serviront de point d’ancrage pour l’organisation d’activités de réflexion et de diffusion auprès de divers publics : une conférence publique sur l’originalité conceptuelle et constructive de Nervi, une journée d’étude sur les rapports entre conception et expérimentation chez Nervi et son héritage au 21e siècle, une visite guidée de Place Victoria à Montréal, et une conférence grand public sur une expérience de travail avec Nervi.

Plusieurs organismes parrains ont déjà confirmé leur intérêt à être associés à ce projet : l’Institut Italien de la Culture de Montréal, l’Ordre des architectes du Québec, Le groupe Petra, l’organisme Docomomo Québec, La chaire Industrielle Pomerleau Construction associé à l’école Polytechnique Montréal ainsi que l’Institut Canadien du béton préfabriqué et précontraint. La diversité de ces partenaires témoigne d’emblée du caractère fédérateur de ce projet d’exposition, de réflexion et de diffusion. Même plusieurs décennies après la fin de sa carrière, Nervi demeure une icône emblématique de la modernité en architecture et continue de susciter un grand intérêt interdisciplinaire. Le présent projet autour de l’oeuvre de Nervi permettra de cadrer son importance, de redécouvrir les leçons de sa pratique de concepteur / constructeur, de diffuser ces leçons pour un public large et transdisciplinaire et d’engager des discussions porteuses entre l’ensemble des intervenants du projet.

Carlo Carbone, Louise Pelletier, Bechara Helal et Réjean Legault
Exposition et colloque au Centre de design de l’UQAM financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Connexion), l’Institut italien et l’Ordre des Architectes du Québec 2020-2021

LA VILLE EXTRAORDINAIRE: APPRENDRE DES CONNAISSANCES URBAINES DES ANCIENS A MONTREAL PAR LA RECHERCHE-CRÉATION ET L’HISTOIRE ORALE.

Problématique
Que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre en avant ces connaissances et cette expérience, et partager et diffuser leurs valeurs avec le public et les décideurs ? Comment ces connaissances peuvent-elles servir de guide vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ? La ville extraordinaire soutiendra la création de parcours interdisciplinaires pour rassembler et rendre public l’extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés.

Contribution à la connaissance
Les quatre groupes communautaires avec lesquels nous travaillons sont culturellement, racialement, linguistiquement et politiquement divers et représentent des quartiers très différents de Montréal. Notre méthodologie combine l’histoire orale, les arts communautaires, la scénographie urbaine, la collecte de données et la cartographie afin d’enregistrer, de répondre et de diffuser les connaissances urbaines distinctes de ces partenaires de façon créative. En utilisant des outils numériques, des techniques de cartographie déjà éprouvées comme nouvelles, ainsi que des méthodes créatives axées sur le lieu, nous mobiliserons une approche intergénérationnelle, interculturelle et interdisciplinaire pour répondre à nos principales questions de recherche : que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre ces connaissances à l’avant-plan les partager avec le grand public comme avec les décideurs au sens large ? Comment, enfin, ces connaissances peuvent-elles servir de guide multilingue vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ?
La ville extraordinaire établira des liens constructifs entre les connaissances des Montréalais âgés sur les changements urbains et les productions artistiques publiques. Pour nous, les villes ne sont pas simplement des paysages de jeunesse et de mobilité sans entraves. En plus de servir d’intervention stratégique dans le discours vieillissant qui s’intensifie au Québec, notre partenariat soutiendra que la mémoire vivante et la narration publique et créative sont de puissants moyens de parvenir à un engagement collectif et à une transformation sociale d’envergure.

Portée
La ville extraordinaire rassemblera et rendra public l’extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés. Notre partenariat mettra en œuvre la recherche-création en histoire orale comme méthode principale, et nous exposerons nos résultats en 2023-24 dans un important musée de Montréal, Mémoire des Montréalais.es, qui nous aidera à rendre ces connaissances visibles, audibles et palpables. Notre objectif – rassembler et de partager les connaissances des aînés sur les changements urbains – est en fin de compte de stimuler des dialogues plus solides et plus inclusifs sur l’avenir urbain de Montréal, en tant que lieu intergénérationnel, interculturel et historique.

Cynthia Hammond (PI), Shauna Janssen (Concordia University), Denis Bilodeau et Ursula Eickerand (Concordia University)
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Développement des partenariats) 2020-2022

LES ESPACES D’UNE JUSTICE RÉPARATRICE ET TRANSITOIRE : ARCHITECTURE, HISTOIRE ORALE ET DESIGN

Problématique
Ce projet vise à comprendre l’environnement bâti comme le contexte physique principal de la « justice réparatrice » et de la « justice transitionnelle ». Ces approches alternatives de la justice valorisent la vérité, la responsabilité, la réparation, la réconciliation, la résolution des conflits et la participation démocratique, et elles sont de plus en plus utilisées dans les contextes post-coloniaux et post-conflit. Malgré l’essor des paradigmes de justice alternative, les espaces de justice transitionnelle et réparatrice sont rarement conçus à des fins spécifiques, et encore moins étudiés relativement à leur mode de conception. L’objectif du projet proposé est donc de produire des recherches et des créations qui apporteront des connaissances scientifiques ainsi qu’un service pratique aux efforts de justice alternative dans le domaine spécifique de l’espace. Nous proposons de créer des réponses pratiques et ouvertes à notre question principale : Comment la conception spatiale pourrait-elle soutenir et encourager les paradigmes de justice non traditionnels ?

Contribution à la connaissance
Notre projet permettra d’accroître l’accessibilité, la circulation et l’échange de connaissances sur les espaces de justice réparatrice et transitoire. Au cours des phases I et II du projet, nous rassemblerons des recherches secondaires et téléchargerons sur notre site web/banque de données en libre accès des exemples d’espaces dans lesquels on observe la pratique de justice réparatrice et transitoire. Chaque élément sera accompagné d’un court texte rédigé par les membres de l’équipe. Ceux-ci expliqueront l’exemple et sa signification dans le cadre plus large de la conception de la justice réparatrice et transitoire (quel est précisément l’espace ? Où est-il situé ? A quoi sert-il en termes de justice réparatrice et/ou transitoire ? Que peut-on en apprendre ?). De cette façon, le projet fournira une ressource à la fois à la communauté universitaire et à une communauté internationale de praticiens de modèles de justice non traditionnelle cherchant à en savoir plus sur les problèmes et les précédents dans ce domaine.
Les phases III et IV du projet sont également conçues pour mobiliser les connaissances que nous produirons. Les cinq prototypes de conception produits au cours de la phase III seront ajoutés à notre site web/base de données, ainsi que des extraits d’interviews (avec permission des personnes interviewés). Ces ajouts augmenteront considérablement la valeur et la diffusion du projet auprès du public. Dans la phase IV, l’essai final coécrit et revu par les pairs suscitera un large lectorat dans les domaines des études de la justice, de la justice réparatrice et transitoire et de la défense de la justice.

Portée
Ce projet bénéficiera à la création de connaissances et aux résultats intellectuels en étant le premier projet de recherche universitaire, à notre connaissance, à réaliser une enquête publique sur les espaces de pratiques de justice réparatrice et transitoire dans différents pays. Parce qu’il portera sur des espaces conçus à dessein et des espaces de fortune, il intéressera tout autant les historiens de l’environnement bâti que les militants.

Cynthia Hammond (PI), Ipek Türeli et Luis Sotelo Castro (Concordia University),
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme développement Savoir) 2020-2022