Compte tenu de l’offre de transports en commun et des aménagements d’infrastructures disponibles dans les zones urbaines, pourquoi les gens ne sont-ils pas plus nombreux à délaisser la voiture au profit d’une mobilité multimodale ? Ce changement pourrait améliorer la santé des citoyens et celle de la ville, mais il reste un défi difficile à relever. Le Québec en est un bon exemple : 42 % des émissions de GES de la province sont liées aux transports. Ce chiffre est supérieur à celui d’autres régions industrialisées avancées d’Amérique du Nord, notamment l’Ontario (34 %) et la Californie (38 %) (JCCTRP, 2018). Les centres urbains offrent un accès aux transports en commun et aux infrastructures nécessaires à la mobilité multimodale, mais on constate une forte résistance au changement. L’objectif du partenariat « CoLLaboratoire pour l’activation de la mobilité multimodale » (CAMMM) – mené par Concordia en collaboration avec l’Université de Montréal, la Ville de Montréal, Vélo Québec, Jalon MTL et le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE) – est de sensibiliser et d’encourager des changements de comportement en faveur d’une mobilité urbaine plus durable. Comment pouvons-nous sensibiliser et mobiliser les citoyens en faveur d’une mobilité plus active afin de mieux protéger l’environnement ? Nous partons du principe que les espaces publics sont des lieux de dialogue et de changement. Comment tirer parti du potentiel des espaces publics pour favoriser les modes de transport multimodaux ? Le projet vise à ancrer le débat sur le changement climatique au sein de notre communauté (sensibilisation) et à susciter des comportements respectueux de l’environnement (engagement), afin de donner aux citoyens les moyens d’agir. Après une étude préliminaire portant sur des villes d’Europe et d’Amérique du Nord, destinée à élaborer des grilles d’analyse et des approches d’engagement citoyen, une série d’ateliers se tiendra directement à Montréal. Le partenariat CAMMM mettra au point une plateforme comprenant des méthodes d’analyse, des outils de conception et des processus d’engagement citoyen. Elle permettra à des universitaires et à des acteurs non universitaires de définir, dans le cadre d’ateliers, des défis de conception visant à encourager la mobilité multimodale. Ces défis de conception refléteront les valeurs de la communauté afin que les concepteurs puissent appréhender la portée du projet. Le partenariat CAMMM s’appuiera sur la plateforme générique issue de la première phase de CoLLaboratoire, un laboratoire urbain collectif visant à sensibiliser davantage au changement climatique. Le développement de ce partenariat est spécifiquement axé sur la mobilité multimodale et aidera les partenaires à organiser une série d’événements d’engagement citoyen (conception, idéation, consultation), à recueillir les idées de la communauté et à les analyser en vue d’une mise en œuvre future. Afin de garantir une participation maximale des citoyens, les idées seront présentées en ligne et feront l’objet d’une consultation publique. Des expositions publiques seront organisées pour stimuler davantage le dialogue au sein même de la communauté. La plateforme profitera directement aux partenaires universitaires et non universitaires en leur permettant d’organiser des événements similaires d’engagement citoyen visant à encourager la mobilité active. Elle profitera au grand public grâce à une meilleure sensibilisation aux alternatives de mobilité et à une augmentation potentielle de la mobilité active, améliorant ainsi la santé des citoyens et de la ville. Notre partenariat regroupe six partenaires. La recherche et le développement de la plateforme déboucheront sur des contributions universitaires visant à mieux comprendre comment les espaces publics, même les plus délaissés, peuvent être utilisés pour favoriser la mobilité multimodale. Des enquêtes sous forme d’études de cas viendront enrichir la littérature sur l’aménagement des espaces publics, les méthodes de conception collaborative et l’engagement citoyen. Concordia dirigera le partenariat et sera responsable, avec Jalon et l’UdeM, du développement de la plateforme. Le CRE, Vélo et la Ville de Montréal utiliseront la plateforme pour organiser des événements d’engagement citoyen liés à leurs axes de recherche respectifs. À ce titre, ils apporteront leur expertise sur son fonctionnement, influenceront la conception de la plateforme et contribueront à son développement.