RECHERCHES TERMINÉES

RECHERCHES TERMINÉES

CARTOGRAPHIE THÉORIQUE DES ENJEUX DURABLES

Titre du projet : Cartographie théorique des enjeux et stratégies durables dans les concours canadiens de design pour l'espace public (2003-2011) Organisme subventionnaire : Fonds Québecois de recherche société et culture Responsable : Carmela Cucuzzella
Étudiants :
Anne Saint-Laurent (UdM) Matthew MacKay-Lyons (Concordia University) Lupe Perez (Concordia University)

Résumé de la recherche:

Introduit en 1998, par le US Green Building Council, le système d’évaluation Leadership in Energy and Environmental Design (LEED)fut adopté par le Conseil du bâtiment durable du Canada en 2003. Dans le contexte canadien, on observe depuis son impact sur la conception des projets architecturaux et surtout dans les situations de concours d’architecture où il devient la norme environnementale servant à « mesurer la durabilité » des projets. Considérant que cette nouveau norme ne s’adresse qu’au pilier environnemental, on est en droit de considérer que l’adoption de LEED n’est pas un garant d’une perspective globale pour la conception des projets et ne dit pas comment les architectes et les planificateurs parviennent à prendre en compte les autres piliers. La question : comment les questions et les stratégies concernant la durabilité ont évolué depuis 2003 dans les concours d’architecture au Canada ? L’objectif : l’analyse et la documentation de ces facteurs durables en constituant une cartographie théorique et historique pour la période 2003-2011. Cette instrument de recherche informera ces facteurs en fonction des quatre piliers de la durabilité (culture, société, environnement et économie) et permettra, pour la première fois dans le contexte canadien, de comprendre comment les maîtres d’ouvrage, les architectes et les jurés des concours de design pour les projets publics ont pris en compte les questions de durabilité. Cette recherche est d’autant plus pertinente et actuelle, que ses résultats contribueront directement à l’amélioration des politiques et des modes d’organisation des concours de design d’espaces publics au Canada.

Bibliographie:

Boudon, Pierre. 2008. Sémiotique et architecture : quel apport offrecette discipline à une science du projet? (volume d'hommage à Alain Rénier): Numéro spécial des Nouveaux Actes Sémiotiques, jan. 2008, no.111. Chupin, Jean-­-Pierre. 1998. Le projet analogue: les phases analogiques du projet d'architecture en situation pédagogique, Faculté de études supérieures, Université de Montréal, Montreal. Chupin, J.-P.. 2008. Documenting Competitions, Contributing to Research, Archiving Events. In Architecture et archives numériques, edited by F. W. D. Peyceré. Genève: Infolio. Chupin, Jean-­-Pierre, Denis Bilodeau, and Georges Adamczyk. 2002. Reflective Knowledge and Potential Architecture. InARCC/AEEA Conference on Architectural Research, edited by M. B. L.Fontein, S. Hanrot et al. McGill University School of Architecture. Chupin, Jean-­-Pierre, Anne Cormier, Denis Bilodeau, Georges Adamczyk, and Jacques Lachapelle. 2004. Concours d'architecture, pratiques réflexives et transferts analogiques. In Journées européennes de la recherche architecturale et urbaine. Merseille. Cucuzzella, Carmela. 2009. The Limits of Current Evaluation Methods in a Context of Sustainable Design: Prudence as a New Framework. International Journal of Design Engineering 2 (3):243-­- 261. Cucuzzella, C.. 2009. What Does Complexity have to do With Sustainable Design? Design Principles and Practices: An International Journal 3 (3):277-­-290. Cucuzzella, C.. 2011. Design Thinking and the Precautionary Principle: Development of a Theoretical Model Complementing Preventive Judgment for Design for Sustainability enriched through a Study of Architectural Competitions adopting LEED, Faculté de l'aménagement, Université de Montréal, Montreal. De Biasi, P.M. 1990. Pour une analyse génétique des techniques de projet et du processus de conception en architecture (Étude de genèse des premiers dessins du projet de F. 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Elkington, and F. van Dijk. 1997. Life Cycle Assessment A guide to Approaches, Experiences and Information Sources. European Environment Agency, Environmental Issues Series 6. Jolliet, O., M. Saadé, and P. Crettaz. 2005. Analyse du Cycle de vie : Comprendre et réaliser un écobilan. Lausanne: Presses Polytechniques et Universitaires Romandes. Jonas, H. 1985. The Imperative of Responsibility: In Search of an Ethics for the Technological Age. Translated by H. J. w. t. c. o. D. Herr. Chicago: University of Chicago Press. LEED Canada. 2004. LEED Green Building Rating System and Addendum for New Construction and Major Renovations, Version 1.0 (LEED Canada-­-NC 1.0): Canada Green Building Council. Moore, Steven A., and Nathan Engstrom. 2005. The social construction of 'green building' codes: Competing models by industry, government and NGOs. In Sustainable Architectures: Cultures and Natures in Europe and North America, edited by S. Guy and S. A. Moore. New York and London: Spon Press. O'Riordan, Timothy, and Andrew Jordan. 1995. The Precautionary Principle, Science, Politics and Ethics: The Centre for Social and Economic Research on the Global Environment (CSERGE). Rowe, Peter. 1987. Design Thinking. Cambridge: MIT Press. Tukker, A. 2002. Risk Analysis, Life Cycle Assessment-­-The Common Challenge of Dealing with the Precautionary Frame (Based on the Toxicity Controversy in Sweden and the Netherlands). Risk Analysis 22:821-­-832. Udo de Haes, Helias A., and Martijn Van Rooijen. 2005. Life Cycle Approaches: A road from analysis to practice, edited by D. o. T. United Nations Environment Programme, Industry and Economics (DTIE) Production and Consumption Unit: UNEP/SETAC Life Cycle Initiative. Wackernagel, M., and W. Rees. 1996. Our Ecological Footprint, Reducing Human Impact on the Earth. British Columbia: New Society Publishers. WBCSD. 2000. Eco-­-Efficiency: Creating More Value with Less Impact. Geneva: World Business Council for Sustainable Development. Whiteside, K.H. 2006. Precautionary Politics: Principle and Practice in Confronting Environmental Risk. Cambridge: The MIT Press.

ARCHITECTURE AND THE ENVIRONMENTAL TRADITION : BRITISH ARCHITECTURE 1750-1850

"Architecture and the Environmental Tradition: The Atmospheric and British Architecture, 1750-1850" (Professor Dr. Martin Bressani, principal investigator), School of Architecture, McGill University, Montreal, Canada Nicholas Roquet, Université de Montréal, cochercheur.

MAISONS CONTEMPORAINES AU QUÉBEC

Maisons-lieux/Houses/Places Adamczyk, G. (2004) Architecture contemporaine au Canada / Contemporary Canadian Architecture Grand prix, concours de design Grafika, catégorie Livre

THEORIES DE LA RECHERCHE-CREATION EN ARCHITECTURE

Chercheure LEAP: Anne Cormier + Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella

Période:

Une nouvelle initiative collective dirigée par David Theodore et Anne Cormier

DÉFIS DE LA CRITIQUE EN ARCHITECTURE – ACFAS 2014

Chercheur.e.s du LEAP: Georges Adamczyk + Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella + Denis Bilodeau + Louis Martin

Période: 12 au 16 mai 2014

Colloque organisé dans le cadre du 82e congrès de l'ACFAS, Université Concordia

RESPONSABLES 

Jean-Pierre CHUPIN
Carmela CUCUZZELLA

DESCRIPTION

Ce colloque international rassemblera des chercheurs de diverses disciplines (Architecture, Design, Histoire de l’art, etc.) autour de la question de la critique en architecture. Somme toute objet de peu de théories dans ce domaine, cela surprendra d’autant plus que l’expression de critiques sur la matière de l’espace public et la forme même de la polis et de ses agoras reste légitime. Hormis les architectes, paradoxalement contraints par leur déontologie, tout citoyen peut normalement critiquer tel ou tel projet (notamment dans le cadre de concours), telle ou telle réalisation (dans le cadre ou non d’une consultation publique). Entre le musèlement des uns et la volubilité des autres, la problématique du juste exercice de la critique architecturale dépasse la distinction entre profession et discipline pour recouvrir le spectre entier des pratiques réflexives. Afin de cerner un aussi vaste phénomène, ce colloque sondera une question singulière: quelles sont les dimensions constitutives de la critique du projet architectural contemporain?

La question de la critique renvoyant au rôle des publications, on remarquera surtout que la presse professionnelle adopte généralement une posture de légitimation des pratiques, maintenant une distance respectable avec l’exercice de la critique, lequel ferait en soi objet de controverses proportionnelles aux enjeux (politiques, financiers, techniques, environnementaux, etc.). On peut dès lors s’interroger sur la légitimité d’une pratique qui se trouve pourtant au fondement du système éducatif en architecture et dans les disciplines du design. Une meilleure compréhension de la critique ouverte du projet architectural apparaît aujourd’hui comme une priorité, tant pour l’apport de connaissances disciplinaires, que pour un débat général sur la qualité des espaces et des édifices publics.

Ce colloque abordera la problématique d’une théorie de la critique à partir de cas manifestant des « états contradictoires » du projet. On étudiera en priorité ces situations dans lesquelles les controverses entre les différents acteurs des projets contemporains font état de contradictions entre les attentes et les propositions voire les réalisations, lesquelles révèlent parfois de véritables contre-performances (fonctionnelles, techniques, environnementales, etc.). La critique architecturale ne sera pas directement abordée dans ses aspects socio-culturels, bien que les contextes seront mis en comparaison (Canada, Québec, France, Suisse). D’ordre théorique et philosophique, l’approche méthodologique tentera plutôt d’identifier « les dimensions constitutives d’une critique proprement architecturale » se distinguant de la critique artistique ou de celle des objets de design.

Mot d’introduction: Analogies négatives et pensées positives
Jean-Pierre CHUPIN
LEAP / Université de Montréal 

Comment se fait-il que l’on ne retienne des critiques de l’architecture contemporaine que les expressions négatives ouvrant la voie aux controverses ?

Un manifeste méthodologique: la critique d’architecture selon Max Raphaël (1889-1952)
Estelle THIBAULT
IPRAUS / École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville

Les travaux récents ont pointé la diversité des expressions, fonctions et enjeux de la critique architecturale, selon l’espace dans lequel elle s’élabore, professionnel, journalistique, ou pédagogique. Il s’agit ici de souligner certaines tensions à l’oeuvre dans une critique « savante », adossée à la recherche architecturale telle qu’elle se pratique dans les écoles d’architecture et à l’université. Elle est partagée entre d’un côté, une vocation militante et fondamentalement optimiste, désignant l’architecture comme enjeu culturel majeur et comme discipline intellectuelle exigeante, et de l’autre la dénonciation des travers médiatiques, politiques ou sociétaux dans lesquels la production du cadre bâti se trouve compromise. Nous proposons à cet effet un retour rétrospectif sur le projet théorique du philosophe Max Raphaël. Ses critiques de Le Corbusier ou d’Auguste Perret ou encore sa dénonciation du concours du Palais des Soviets démontrent la volonté de croiser l’évaluation des intentions architecturales, par une étude serrée du processus de conception, avec la compréhension des enjeux externes -­économiques, sociaux, politiques, voire médiatiques– dans lesquels la production du cadre bâti se trouve engagée. Son analyse du groupe scolaire de Villejuif construit par André Lurçat, publiée aux éditions de L’Architecture d’aujourd’hui en 1933, peut être lue comme un véritable manifeste méthodologique pour une critique « dialectique » du projet architectural.

L'architecture comme machine à penser: Alexander Tzonis, l’interprétation de l’architecture classique et la construction de la modernité
Denis BILODEAU
LEAP / Université de Montréal

Le « désir du neutre » est un pathos aurait dit Roland Barthes, un fantasme de l’architecture moderne qui traduit aujourd’hui une position critique particulièrement brûlante. Le désir du neutre s’oppose à la volonté de distinction, à l’expressif, au symbolique, à l’identitaire et au branding. C’est la recherche d’un état de suspension des tensions entre l’architecture et son milieu et dans la composition même de l’architecture. Mais le désir du neutre n’est pas neutre. Il traduit un engagement éthique et esthétique qui ne se manifeste pas par l’inaction ou le retrait mais plutôt par des stratégies et des figures précises et fortes. Cet essai explore la généalogie et les figures du neutre en particulier dans le travail de l’architecte montréalais Éric Gauthier.

Situations critiques et autocritique
Georges ADAMCZYK
LEAP / Université de Montréal

La critique professionnelle en architecture a pour objet l’appréciation des réalisations architecturales à l’occasion de leur réception publique, ou l’appréciation de projets à un stade préliminaire (Collins 1968). En prenant comme exemples différents contextes, on peut distinguer autant de situations : la critique dans une revue spécialisée, la critique pendant le projet, la critique pédagogique, la critique de projets de concours. L’exercice critique accompagne aussi le jugement des projets en contexte académique et en contexte de jury de concours. En tant que performance, le contenu et la forme de la critique varient selon ces situations. La pratique de la critique professionnelle est partagée entre les professeurs d’architecture et quelques praticiens reconnus pour leur engagement intellectuel. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, il n’y a pas véritablement de critiques professionnels en architecture. J’ai été formé dans un monde d’architectes-­historiens (Oterro-­Pailos 2010). L’expérience réelle ou anticipée, la description et l’analyse comparative de la réalisation ou du projet comme architecture potentielle ont fondé ma propre démarche. Jouant le jeu de la critique de mes performances critiques, je tenterai de montrer le lien qui unit toutes ces situations critiques.

Critique et jugement du projet architectural
Paolo AMALDI
LÉAV / École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles

La notion de critique architecturale possède une dimension opérative qui a été soulignée par de nombreux auteurs et en particulier par l'historien, théoricien et vulgarisateur Bruno Zevi (1918 -­ 2000). La critique se veut un démontage raisonné de l’oeuvre en parties dont l’auteur doit montrer et faire émerger l’efficacité. Le jugement suppose, quant à lui, une prise de position par rapport au projet.

Mot d’introduction: Normes environnementales et contre-performances esthétiques
Carmela CUCUZZELLA
LEAP / Université Concordia

Dans le cadre imposé par les injonctions environnementales, quelle place accordons-­nous encore au jugement esthétique ou même à la critique de la forme?

Jouer en douceur: la critique architecturale au Canada
Elsa LAM
PhD, Rédactrice en chef de la revue Canadian Architect

Le paysage de la critique architecturale au Canada est relativement restreint. Il se compose d’un petit cercle d’écrivains, d’éditeurs et de publications. On liste à peine une poignée de revues (Canadian Architect, On Site Reviews, ARQ) et quelques journaux professionnels ou académiques qui s’intéressent à la production canadienne. Les grands quotidiens anglophones, tels que The Globe and Mail ou le Toronto Star présentent régulièrement des chroniques sur l’architecture, mais les sujets restent vastes et les problématiques centrées sur les questions de développement urbain ou encore les évènements étrangers. Le ton adopté est généralement « positif » et ne ressemble guère au ton incisif de la critique européenne. Cette forme de commentaire de l’architecture contemporaine verse parfois dangereusement dans la pure description, quand ce n’est pas de la simple réécriture des dossiers de presse soumis par les architectes. Sommes-­nous confrontés à une problématique globale dominée par le fétichisme des images d’architecture ? Qu’en est-­il de la profondeur des analyses ? Faut-­il attribuer ce phénomène à un tempérament canadien fait d’une culture de la politesse ? Cette présentation examinera le réseau des facteurs en jeu et interrogera la capacité de la « description » à se constituer en une véritable forme de critique architecturale.

Mythologue ou guerillero? Du rôle de la critique dans les guerres du patrimoine
Nicholas ROQUET
LEAP / Université de Montréal

Dans une série d’ouvrages remarqués – dont The Past is a Foreign Country (1985) et The Heritage Crusade(1998), le géographe David Lowenthal a cartographié l’émergence dans la culture moderne d’un discours nouveau sur les lieux : celui du patrimoine. Nouveau en ce qu’il est imperméable aux conventions du droit et aux méthodes de l’histoire, le discours du patrimoine fonde sa puissance sur la mobilisation de pulsions collectives : le particularisme, l’exclusion et surtout la soif de mythes. Déstabilisés par la montée de cette nouvelle histoire qui n’en est pas une, les universitaires se sont repliés depuis trente ans sur une position défensive, observant l’avancée de la patrimonialisation à la manière de mythologues devant un culte primitif. Quant aux architectes, ils montent au combat en ordre dispersé, espérant que, même en contexte de controverse publique, la qualité de leurs propositions se fera voir d’elle-­même.La réalité est autre. Les débats récents au Québec sur l’avenir des sites patrimoniaux indiquent plutôt que l’architecture contemporaine y est « invisible », en ce sens qu’elle n’est envisagée que sous l’angle de son potentiel destructeur. Prenant pour appui le cas de Sillery, nous chercherons d’abord à démonter les travers d’un discours officiel qui conçoit le projet avant tout comme mitigation du risque. Nous soumettrons ensuite à débat des stratégies possibles pour la critique en situation de déni d’architecture : faut-­il se faire correspondant de guerre ?

Qui a peur de l’architecture?
Marie BELS
Architecte postdoctorante / LEAP / Université de Montréal

L’espace public n’est pas seulement le lieu de l’opinion publique, ou des manifestations collectives, politiques ou autres. L’espace public est un espace formateur. C’est un lieu de transformation des objets individuels d’expression. Un livre, une pièce de théâtre, un tableau de peinture, y perd sa marque d’origine, et se soumettant à la critique gagne un anonymat qui fait qu’il n’appartient plus à un, mais simultanément à tous et à personne, et se transforme considérablement. Il y gagne des pouvoirs insoupçonnés, des forces inconnues le traversent, et cette mise à l'épreuve en révèle, le cas échéant, la vérité essentielle. Or l'architecture est par essence une oeuvre collective, la plus publique des disciplines artistiques. A tel enseigne que de nombreux pays d'Europe ont inscrit un "droit à la qualité architecturale" dans leurs résolutions, et généralisé, à cet effet, la pratique du concours pour la commande publique. Il semblerait, paradoxalement, que la nature même de ce processus l'exempte de toute critique à postériori, comme si la confrontation démocratique de plusieurs projets faisait office de débat public et en assurait la légitimité. Le Livre blanc de l'architecture contemporaine en communauté française de Belgique -­ intitulé Qui a peur de l'architecture? -­ se positionne fermement face à cette pratique, dans l'espoir "de refaire de l'architecture une question publique". Nous en examinerons les propositions essentielles à la lumière de quelques situations concrètes.

Les chemins de l’architecture critique
Louis MARTIN
LEAP / Université du Québec à Montréal

Cette communication examine la construction de l’architecture critique et de la théorie critique architecturale dans les discours de l’architecture américaine entre 1980 et 2004. Elle démontrera que ce développement a été propulsé par une fascination quasi hypnotique pour les effets paralysants et angoissants de la dialectique négative et par une recherche frénétique de justifications alternatives pour légitimer le projet d’une avant-­garde architecturale cathartique.

Revisiter la critique architecturale: Nécessités interdisciplinaires et détour par les sciences sociales
Rainier HODDÉ
LAVUE (Laboratoire architecture ville urbanisme environnement)

Alors que la critique littéraire, cinématographique ou artistique aide à choisir lectures, spectacles et expositions, la critique architecturale n’a aucune prise sur nos choix d’habitants ou d’usagers. Aux effets propres aux différents champs s’ajouterait ainsi cette irrémédiable différence qui renvoie à l’incapacité de la critique architecturale à socialiser une production singulière. Or le croisement de travaux sur la critique, sur la réception sociale des édifices et sur l’oeuvre de certains architectes m’a conduit à rompre avec la binarité singulier-­socialisé en dégageant trois concepts : le thème architectural, la matrice de conception, et le type architectural. Si ces concepts permettent d’identifier l’apport d’un architecte à la discipline elle-­même, l’hybridation avec la sociologie les renforce en faisant dialoguer espace et société. Cette hybridation rappelle aussi que la critique fait figure d’« opération » fondatrice en sociologie, du [Le] métier de sociologue à Faire des sciences sociales. Critiquer (P. Haag et C. Lemieux (dir.), 2012). Reprenant ce dernier programme, je serai ainsi conduit à montrer comment ces concepts en devenir nourrissent la critique architecturale, en forçant à penser et à voir le monde autrement (1), en étant attentif aux biais et erreurs de raisonnement (2), en pensant le débouché politique de la critique (3), la position du critique étant alors particulière dans le fait qu’il est dedans tout en se devant d’être dehors (4).

COLLABORATOIRE POUR L’ACTIVATION DE LA MOBILITÉ MULTIMODALE (CAM) : UN ESPACE PUBLIC À LA FOIS

Chercheures LEAP: Carmela Cucuzzella + Anne Cormier

Période: 2019 - 2022

L'objectif général de ce partenariat est de sensibiliser et d'encourager les changements de comportement en faveur d'une mobilité urbaine plus durable en comprenant comment les espaces publics peuvent devenir des nœuds d'échange de connaissances. Il vise à faire entrer la conversation sur le changement climatique dans notre communauté (sensibilisation) et à éveiller les comportements environnementaux (engagement) afin de donner aux citoyens les moyens de modifier leur comportement en matière de mobilité urbaine.

Le premier objectif est d'identifier, d'analyser et de comprendre les meilleures pratiques des villes d'Amérique du Nord et d'Europe en matière d'interventions dans l'espace public qui encouragent les citoyens à adopter la mobilité multimodale. Le second objectif est de tester, par une série d'ateliers communautaires, dans trois différents quartiers de la ville de Montréal, ces méthodes (ainsi que d'autres). Les ateliers permettront le co-développement d'idées pour les espaces publics - des idées qui aideront les citoyens à mieux comprendre les questions liées à la mobilité multimodale et encourageront les changements de comportement. Les idées développées au cours des ateliers seront présentées dans des expositions, à la fois en ligne et dans l'espace public, afin de renforcer le dialogue avec la communauté. Le troisième objectif est de développer ces exercices, outils et méthodes, pour, à terme, constituer une plateforme exportable.

Découvrez le projet dirigé par la Carmela Cucuzzella à Concordia University.

Carmela Cucuzzella et Anne Cormier
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Développement des partenariats) 2019-2022

MELVIN CHARNEY : UNE ANTHOLOGIE ARCHITECTURALE

Chercheurs LEAP: Louis Martin + Georges Adamczyk

Période: 2013

On Architecture, Melvin Charney : An Critical Anthology

Louis Martin (dir.), Georges Adamczyk

McGill Queens, Montréal, 2013.

Financements :

Conseil des arts du Canada

PAFARC UQAM

Histoire UQAM

FSH FCSH (PAES)

http://www.mqup.ca/on-architecture-products-9780773541825.php

Part of the McGill-Queen's/Beaverbrook Canadian Foundation Studies in Art History Series (number 11 in series)

496 Pages, 8.25 x 10

350 illustrations, b&w & colour

ISBN 9780773541825

October 2013

HISTOIRES CRITIQUES ET ARCHIVES ORALES

Une recherche dirigée par Louis Martin, professeur au département d'histoire de l'art de l'UQAM.

Titre du projet :

Melvin Charney : An Architectural Anthology

Résumé du projet :

Le projet vise à présenter, de manière didactique, l’œuvre écrite de l’architecte et artiste montréalais de renommée internationale, Melvin Charney. Surprenants autant par leur diversité que leur richesse, les écrits de Charney s’avèrent une clé importante pour comprendre les enjeux qui ont marqué l’avènement de la modernité architecturale au Québec et au Canada. Fin analyste des tendances internationales, Charney n’a pas fait qu’importer dans le discours sur l’architecture canadienne des concepts élaborés à l’étranger : il les a aussi confrontés, dans sa réflexion sur la spécificité de notre culture architecturale, à des intuitions personnelles qu’il a clarifiées graduellement année après année. Charney n’a pas cherché à élaborer une théorie systémique qui dirait quoi faire ou comment faire. Il a plutôt interprété les images véhiculées par les médias, images qu’il a traitées comme une archive du présent. Ainsi, à travers ce dialogue constant par média interposé, il est possible de retracer la succession des idées dominantes qui ont marqué le discours architectural de la période et d’assister à la genèse d’une pensée originale articulée autour de certains thèmes récurrents, notamment la spécificité de la culture urbaine montréalaise, et la distinction entre l’architecture comme objet de design et l’architecture comme savoir collectif et expression populaire.

Organismes subventionnaires

FQRSC-LEAP, Université de Montréal

Programme d’aide financière à la recherche et à la création (PAFARC), UQAM

Responsable

Louis Martin

Professeurs associés

George Adamczyk

Georges Baird, University of Toronto

Réjean Legault, UQAM

Assistants de recherche

Jonathan Lachance, Doctorant, Doctorat en histoire de l’art, UQAM

Yanek Lauzière-Filion, étudiant à la M.A. (UQAM)

Christian Semaan, étudiant à la M.A. (UQAM)

CONCOURS, JUGEMENT CRITIQUE ET ANALOGIE

Chercheurs LEAP: Jean-Pierre Chupin + Georges Adamczyk + Pierre Boudon 

Période: 

CONCOURS, JUGEMENT CRITIQUE ET ANALOGIE
Titre du projet :
Conflit des interprétations analogiques et jugement architectural dans les concours publics canadiens (1984-2004)
[Jean-Pierre Chupin, Georges Adamczyk, Pierre Boudon]

RÉSUMÉ DE LA RECHERCHE

Comme de nombreux pays démocratiques, le Canada soumet la conception architecturale, urbaine et paysagère de certains édifices publics à la procédure du concours. Bien qu’au Canada ce dispositif de sélection soit souvent réservé aux programmes à vocation culturelle, dans plusieurs pays européens (Allemagne, Suisse, France, Espagne), il tient lieu d’obligation pour l’intégralité de l’espace public (Tilmont, 1992; Nacher, 1999). Selon l’ampleur du programme, un concours sollicite de 3 à plus de 100 projets et les soumet à un jury composé de représentants des enjeux en présence. Ce jury doit procéder à une sélection sur la base d’un jugement consigné dans un rapport final, et le résultat devrait logiquement satisfaire aux exigences les plus hautes. La décision du jury devrait être sans appel. Dans ce cas, comment expliquer que de fréquentes contestations et des critiques a posteriori ébranlent régulièrement la crédibilité d’un tel processus, au point que les règlements de concours contiennent désormais une clause permettant au commanditaire de se désengager de la décision du jury, si celle-ci semble ne pas convenir à l’opinion publique?

Dans le contexte canadien contemporain, on peut effectivement constater que les images proposées par les architectes pour présenter leur projet ne coïncident pas toujours avec la représentation que le jury s’en fait dans son rapport final, laquelle peut à son tour diverger de ce que la réception journalistique pourra exprimer (White, 2007). Ces représentations prennent généralement la forme de formulations métaphoriques, elles-mêmes redevables de processus d’interprétation que nous qualifierons, à la suite de philosophes et de cognitivistes, « d’interprétations analogiques ». Ainsi, là où le programme du concours d’une bibliothèque appellera peut être un « livre ouvert », les architectes pourront imaginer des « étagères mobiles», là où le jury retiendra tel projet qui lui paraît une forme « de stockage flexible », la critique et le public ne verront peut être qu’une « grosse boîte rigide ». Ces échanges interprétatifs, ces jeux de renvois analogiques, prennent parfois une tournure dramatique conduisant à brouiller la réception des projets, à inverser les décisions et à invalider le processus. Une procédure démocratique est alors perçue, par le public, comme une confiscation de son espace de représentation, par les créateurs, comme un gaspillage d’énergie, par les administrateurs, comme un besoin de renforcer la dimension légale et les procédures quantitatives, au détriment du jugement qualitatif et du débat d’idées.

À partir d’un corpus de concours publics organisés au Canada entre 1984 et 2004, cette recherche a pour objectif de contribuer à la reconnaissance du « problème du jury » et des transactions de type analogique qui permettent d’en rendre compte. Cette explicitation des paramètres et des critères du jugement architectural, partira d’une analyse de « conflits d’interprétations » (Ricoeur, 1969) rapportés aux théories de l’argumentation faisant de l’analogie un véhicule cognitif (Perelman, 1969; Lakoff, 1985), et un support discursif prédominant pour la compréhension de ce mode d’«anticipation opératoire» qu’est le projet d’architecture, d’urbanisme ou de paysage (Boutinet, 1990). Prenant appui sur les travaux de philosophes du langage, d’herméneutes, de sémioticiens du textuel et du visuel, et tout en examinant la place que certaines analogies occupent dans les rares théories architecturales du jugement (Collins, 1971) ou dans les discours critiques contemporains, il s’agit à la fois de construire un modèle théorique et de concevoir, puis de mettre à l’épreuve, une grille d’analyse permettant d’évaluer la capacité des différents types de concours canadiens à prendre en compte l’impact des analogies sur le jugement. C’est un processus temporel distinguant ce qui se formule et se conçoit avant, pendant et après le jury qu’il s’agit de modéliser, avant de proposer d’éventuelles modifications des procédures administratives. Les retombées scientifiques de cette recherche viseront la théorie de l’argumentation analogique et celle du jugement architectural, mais il va de soi que l’histoire des concours et celle de l’architecture contemporaine devraient également bénéficier de ce programme scientifique, tout comme l’aide à la décision des administrateurs publics et la formation permanente des organisateurs de concours dans divers domaines de la conception et de la création.

Adamczyk G., Note sur le dessin d'architecture : la coupe in Concours d'architecture et imaginaire territorial: les projets culturels au Québec, 1991-2005 / Architectural Competitions and Territorial Imagination: Cultural Projects in Quebec, 1991-2005, (sous la direction de Bilodeau, D.), Montréal, L.E.A.P. - Centre de design de l'UQAM. 2006

Adamczyk G., Contemporary Architecture in Quebec: la difference, in Gruft, A., Substance over Spectacle: Contemporary Canadian Architecture, Arsenal Pulp Press, Vancouver, 2005

Adamczyk G., Chupin JP., Bilodeau D., Cormier A., Architectural competitions and new reflexive practices, dans EAAE ARCC Conference (Dublin), Between Research and Practice, 2004.

Adamczyk G., Concours et qualité architecturale, Culture urbaine et concours d’architecture au Québec, Architecture Québec ARQ no. 126, 2004, p.4-24

Adamczyk G., La profession d'architecte et les esthétiques contemporaines, in Traité de la culture (sous la direction de Lemieux D.) Les éditions de l'IQRC. Québec. pp.607-619. 2002

Alexander, E. R., Casper, D. J., & Witzling, L. P. Competitions for planning and urban design. Lessons from experience. Journal of Architectural and Planning Research, 7, pp.142-159. 1990

Anthony, K. H., Design juries on trial: The renaissance of the design studio. New York: Van Nostrand Reinhold. 1991

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VERDIR LE DIPLÔME D’ARCHITECTURE

Chercheur.e.s LEAP:

Période: 2010

9 fév 2010, lancement de la 3ième question. Un forum d'idées, de techniques et de ressources en développement durable.
[Initiative pancanadienne coordonnée par Daniel Pearl]

ARCHIVES DES CONCOURS EUROPAN-FRANCE

Chercheur LEAP: Jean-Pierre Chupin

Période:

Bibliothèque de projets portant sur +de 20 ans de concours d'idées réservés aux jeunes architectes européens.
Une coopération dirigée par Jean-Pierre Chupin

ENCADREMENT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE À L’AIDE D’ANALOGIES NATURELLES

Chercheur.e.s LEAP: Carmela Cucuzzella + Jean-Pierre Chupin  Période: 2016 Titre du projet :  Framing sustainability in contemporary projects for Canadian public spaces: a comparative analysis of the new critical role of biological models and naturalistic analogies for qualitative judgment in architectural and urban design competitions (1992-2012) Organisme subventionnaire : Responsable : Carmela Cucuzzella Jean-Pierre Chupin
Étudiants :
Anne Saint-Laurent Manon Bruel Marie Andrée Bérubé

INNOVER EN CONTEXTE PATRIMONIAL

Chercheurs LEAP: Georges Adamczyk + Jean-Pierre Chupin + Denis Bilodeau + Pierre Boudon 

Période: 2016

Innover en contexte patrimonial :

Problématique aujourd’hui omniprésente, la conservation du patrimoine peut-elle se faire sans compromettre la pleine exploration d’une architecture contemporaine, le patrimoine du futur? L’approche actuelle du patrimoine, fondée sur la notion de valeur, laisse-t-elle place aux valeurs créatives des architectes?
Prenant appui sur la base de données des concours du Leap, cette recherche fera l’analyse comparative et critique des systèmes de valeurs et des approches dans des concours impliquant des agrandissements, des rénovations et des insertions en milieu patrimonial depuis 1990 au Canada.
Titre du projet :
Innover et conserver : créer l’architecture contemporaine au risque du patrimoine
Organisme subventionnaire :
Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada (C.R.S.H.)
Responsable :
Jacques Lachapelle


Professeurs associés :

Georges Adamczyk
Jean-Pierre Chupin
Susan Bronson
Denis Bilodeau
Pierre Boudon

Assistants de recherche :

Rim Ben Fredj, étudiante au PhD (UdeM)
Imen Ben Jemia, étudiante au PhD (UdeM)
Mathieu Pomerleau, étudiant à la MscA (UdeM)

Mélanie Jetté, étudiante à la M.Arch (UdeM)
Renée Mailhot, étudiante à la M.Arch (UdeM)
Alexandre Massé, étudiant à la M.Arch (UdeM)
Renaud Bourbonnais, étudiant au B.D.A. (UdeM)
Myriam Poulin, étudiante au B.D.A.(UdeM)

PGL ET L’ARCHITECTURE DU QUÉBEC MODERNE 1958-1974

Chercheurs LEAP: Louis Martin + Georges Adamczyk

Période: 2016

Exposition et livre collectif sur l’œuvre du bureau d’architecture PGL (Papineau Gérin-Lajoie) –

Louis Martin et Réjean Legault (dir.), Carlo Carbone,

Georges Adamczyk

Financement :

Conseil des arts du Canada

Ordre des Architectes du Québec

Institut patrimoine UQAM

Design UQAM

FRQSC (subvention de fonctionnement du LEAP)

LA QUALITÉ ARCHITECTURALE DES INSTITUTIONS CULTURELLES AU CANADA : DES DÉFINITIONS CHANGEANTES POUR LES PRIX D’EXCELLENCE

Chercheur.e.s LEAP: Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella + Georges Adamczyk

Période: 2017 - 2020

Problématique
Pendant les deux dernières décennies, l’omniprésence des prix d'excellence au Canada a mis en lumière la question de la qualité architecturale, notamment vis-à-vis de la conception et la construction des institutions culturelles. Au cours de cette période, la profession comme la discipline architecturale ont été confrontées à la montée de deux paradigmes majeurs à l’origine de changements radicaux dans le cadre théorique : l'impératif de l'environnementalisme et l'avènement des nouvelles technologies numériques.
Notre hypothèse est que ces changements majeurs ont influencé le jugement de la qualité de notre environnement bâti et de celle des bâtiments publics. Nous proposons de rendre explicites ces influences en les théorisant à travers une série d'analyses comparatives des prix d'excellence canadiens. Comment les critères de qualité ont-ils été établis dans les prix canadiens depuis 1995 ? Comment le jugement architectural oscille-t-il entre la signification des formes et la performance environnementale, le symbolisme et l'innovation ?

Contribution à la connaissance
Nous proposons de cataloguer, de comparer et de classer la qualité architecturale au Canada depuis le milieu des années 1990. A l’aide d’un corpus général de plus de 1300 prix attribués à des bâtiments au cours des deux dernières décennies, nous examinerons un corpus spécifique de 150 bâtiments culturels, comptant notamment des bibliothèques et des centres civiques, programmes qui suscitent un large intérêt du public pour la qualité architecturale. Cette recherche implique un discours diachronique et synchronique ainsi qu’une analyse formelle avancée. Nous comparerons des ensembles de bâtiments primés, décodant les critères de jugement et déconstruisant les dispositifs auxquels ils sont liés. À partir de ces analyses, nous élaborerons des cartographies historiques, théoriques et critiques, en tenant compte de l'échelle, du programme et de la fonction de chacun des édifices primés.

Pour traiter ce phénomène complexe, l'équipe combine l'expertise multidisciplinaire de chercheurs dans les domaines de la théorie de l'architecture, du design thinking, de l'histoire de l'art et de la science, de la conception environnementale et de la théorie de l'innovation. Notre équipe a acquis une reconnaissance internationale pour son travail sur les concours de projets avec jury. Grâce à une subvention de la Fondation canadienne pour l'innovation, nous avons acquis l'infrastructure numérique nécessaire à la documentation et au recoupement comparatif des données architecturales. Cette recherche antérieure était axée sur les projets non construits puisque les concours jugent les propositions architecturales telles qu'elles sont représentées dans une série de dessins d'architecture et de maquettes. Ce nouveau programme de recherche se concentre spécifiquement sur les prix d'excellence décernés aux bâtiments achevés, première étape méthodologique et théorique par la constitution d'une carte canadienne de la qualité architecturale.

Portée
Cette recherche permettra d'améliorer notre compréhension historique et théorique des représentations et de l'évaluation de la qualité de l'architecture publique au Canada, en particulier celle des institutions culturelles. Elle fournira une évaluation des définitions et critères récurrents en portant une attention particulière aux thèmes de l'innovation, du développement durable, de l'inclusion dans un contexte donné et de la représentation. Les résultats seront en accès libre sur Internet sous la forme d'un atlas interactif, présentant des cartographies associées aux projets exemplaires. Notre étude contribuera à une meilleure connaissance du patrimoine contemporain et s'efforcera de mettre en place les meilleures pratiques dans la formation des décideurs politiques, des comités de conception et des comités d'attribution des prix. Plus largement, une meilleure compréhension des critères de qualité architecturale aura un impact sur le jugement de la qualité au sein de toutes les disciplines qui déploient des critères qualitatifs d'excellence.

Jean-Pierre Chupin, Carmela Cucuzzella, David Theodore, Georges Adamczyk
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Savoir) 2017 - 2020

EXPOSITION- RECHERCHE DES PROJETS CHEVALIER MORALES

Chercheurs LEAP: Georges Adamczyk + Bechara Helal

Période: Janvier 2018 - Mars 2018

Exposition recherche sur les travaux et projets de l'agence montréalaise Chevalier Morales architectes à la Galerie de l'Université de Montréal

Recherches et exposition coordonnées par Georges Adamczyk et Bechara Helal

Galerie de l'Université de Montréal -  - Janvier - Mars 2018

L’ARCHITECTURE SCOLAIRE EN CENTRE-VILLE COMME ESPACE DE RECHERCHE CRÉATION

Chercheur.e.s LEAP: Anne Cormier + Jean-Pierre Chupin + Georges Adamczyk

Période: 2018 - 2021

Cette recherche-création vise à explorer le potentiel didactique de l’architecture dans son rapport avec la ville à travers l’étude et la conception des lieux de l’entre-deux. La problématique de l’innovation en matière d’architecture scolaire en centre-ville canadien au 21e siècle s’y trouve abordée dans une exploration des interfaces entre l’école et la ville

La spatialité de l’entredeux a été étudiée par l’architecte Aldo van Eyck dans les années 1960 ainsi que par le théoricien et professeur Bernard Tschumi depuis le début des années 1990. Leurs écrits et leurs œuvres constituent des références importantes pour notre projet. Les lieux qui relient les espaces d’enseignement et la ville constituent encore une zone grise de la recherche actuelle sur l’architecture scolaire qui tend à s’adresser surtout à la réussite scolaire dans un objectif d’éducation, de socialisation et de qualification à l’emploi plutôt qu’à théoriser la conception des lieux. Nous considérons toutefois que l’expérience d’une architecture attentive à la qualité des espaces d’enseignement et de la ville peut contribuer à sensibiliser les jeunes citoyens à la qualité du cadre bâti.

La conception des écoles et des lieux de l’entre-deux présente de nouveaux défis car les programmes fonctionnels et techniques évoluent lentement. Ces documents techniques qui décrivent en termes qualitatifs et organisationnels les projets d’édifices et à partir desquels les écoles sont conçues reproduisent un modèle d’édifice monofonctionnel avec terrain de jeu extérieur au ras de la chaussée bien qu’il ne corresponde plus depuis longtemps aux réalités foncières des centres-villes.

De façon paradoxale, plusieurs villes canadiennes sont en déficit d’écoles élémentaires qui, pourtant, jouent un rôle clé pour favoriser le développement urbain. Cette recherche-création propose un mode d’investigation original prenant appui sur le concours d’idées. En architecture, un concours d’idées ne mène pas forcément à la construction du projet lauréat, son objectif étant de faire émerger des propositions innovantes et de contribuer activement au débat public.

En plus d’être analysés, les résultats du concours pilote seront accessibles en ligne, en français et en anglais, sur le site de Catalogue des Concours Canadiens et feront l’objet d’une exposition publique. Ce faisant, ce projet entend contribuer également à la définition de la recherche-création en architecture ainsi qu’à une meilleure compréhension du rôle des concours dans le renouvellement de la discipline et de la profession. Il soutiendra la formation de futurs chercheurs et de futurs architectes qui seront initiés à la recherche en travaillant sur des questions qui exigeront leur contribution dans les années à venir.

La méthodologie du projet reprend un principe que nous avons testé lors d’un premier projet de recherche-création CRSH qui portait sur le logement social en tant que moteur de la transformation des centres-villes canadiens et montréalais : le volet création reposait également sur la tenue d’un concours mobilisant des étudiants de niveau maîtrise.

Ce nouveau projet entend mobiliser des chercheurs des disciplines de l’architecture, de la pédagogie, de la sociologie, de la psychologie, du design urbain et du paysage en vue de développer de nouvelles collaborations pancanadiennes. À l’extérieur de la communauté des chercheurs, le projet devrait fortement intéresser les commissions scolaires des grandes villes au Canada et à l’international, ainsi que des groupes représentant diverses parties prenantes.

Anne Cormier, Jean-Pierre Chupin et Georges Adamczyk
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Développement Savoir) 2018 – 2021

LE TOURNANT ÉCO-DIDACTIQUE DES INSTALLATIONS D’ART ET DE DESIGN DANS LE DOMAINE PUBLIC (1992 – 2017)

Chercheur.e.s LEAP: Carmela Cucuzzella + Jean-Pierre Chupin 

Période: 2018 - 2022

Problématique
Ce programme de recherche permettra de cartographier et de théoriser un nouveau type de pratique de l'art environnemental qui a émergé au cours des deux dernières décennies dans les contextes urbains canadiens. Cette nouvelle forme d'art a développé un "discours explicatif" caractéristique ou une stratégie rhétorique dans le domaine public, et traverse les disciplines de l'art, de la conception environnementale et de l'architecture. Nous appellerons provisoirement cette forme d'art "installation éco-artistique". Ce mode distinct d'installation publique ne cherche pas seulement à persuader le spectateur des priorités écologiques ; il est plutôt motivé par le besoin impérieux d'expliquer et constitue donc en soi une forme entièrement nouvelle de discours explicatif qui transfère ce que nous appelons les "éco-enseignements" dans le domaine public. Nous estimons que ces nouveaux "dispositifs" artistiques témoignent d'un changement historique dans la relation des citoyens aux questions environnementales primordiales au cours des deux dernières décennies. Dans l'écart croissant entre la conscience collective et l'engagement individuel, les artistes ont trouvé un nouveau terrain d'action pour éclairer le public.

Contribution à la connaissance
Malgré le nombre croissant d'installations d'art éco, cette catégorie n'a pas encore fait l'objet d'une attention critique, notamment en raison de la combinaison complexe de l'art, du design, de l'espace public et des éco-enseignements. Nous pensons que la raison de ce manque d'attention réside, en partie, dans le fait que ces œuvres sont intrinsèquement difficiles à évaluer selon les méthodes disciplinaires traditionnelles : elles s'inspirent des beaux-arts, tout en mettant l'accent sur un certain didactisme que les discours artistiques de la fin du 20e et du début du 21e siècle regardent avec méfiance. Ces œuvres sont souvent profondément ancrées dans la conception durable, et, si elles occupent un espace qui évoque à bien des égards l'architecture, l'urbanisme et l'aménagement paysager, elles sont rarement confinées dans l'expertise de ces professions. L'émergence de cet art peut être liée à ce que le public perçoit comme l'échec persistant des politiciens à faire face à la crise écologique. Au-delà de la constitution d'un répertoire en ligne d'installations représentatives de l'art éco canadien, le principal objectif de cette recherche est de documenter les stratégies conceptuelles qui sont le véhicule de ce nouveau discours explicatif dans l'art éco public, et de théoriser la nature didactique des éco-enseignements qui en résultent. Notre hypothèse est que ces nouvelles pratiques hybrides dans le domaine public sont les dépositaires de connaissances inexploitées et indiquent des solutions potentielles, encapsulant une dimension particulière de la conscience environnementale, tout en se distançant de l'éthos abstrait de leurs prédécesseurs. Comment ces pratiques explorent-elles la conjonction de l'art, du design, de l'espace public et de la préoccupation écologique avec des stratégies hautement didactiques ?

Portée
Outre une cartographie scientifique monographique, des publications et des communications, les résultats de cette recherche, rassemblés sur une plateforme numérique bilingue en ligne intitulée "Carte canadienne de l'éco-art", répondront à des objectifs à la fois scientifiques et éducatifs, tels que définis, entre autres, par l'UNESCO, en diffusant l'expertise canadienne dans ce domaine et en présentant spécifiquement les approches didactiques et les idées potentiellement évolutives. Dans une économie numérique en pleine croissance, cette carte sera une ressource importante et innovante pour les étudiants de tous les domaines de l'art et du design, au Canada et dans le monde entier, ainsi pour les institutions et les agents de commande. A travers elle, les citoyens pourront se familiariser davantage avec les débats et les controverses importantes sur l'environnement et seront invités à prendre part à la conversation. Notre analyse des installations d'art éco devrait permettre d'accéder à une compréhension plus approfondie des questions environnementales actuelles et constituer une base de connaissances pour les générations futures.

Carmela Cucuzzella, Cynthia Hammond et Jean-Pierre Chupin
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Savoir) 2018-2022

LES GRATTE-CIELS, UNE RÉPONSE COMPLEXE À LA MONTÉE DES EAUX

Chercheurs LEAP: Bechara Helal + Jean-Pierre Chupin

Période: 2020

La recherche se propose de définir les principes d'une nouvelle typologie de gratte-ciel capable de répondre aux défis de la montée des eaux, à la fois grâce à une meilleure résilience des niveaux inférieurs et à des adaptations potentielles des étages supérieurs à des fins de sécurité et de collecte d'énergie.

Objectifs :
Cette recherche exploratoire mettra en évidence les catégories de gratte-ciel les plus favorables à une adaptation de leurs étages inférieurs et supérieurs visant à les rendre plus résilients.
Problématique : Comment les gratte-ciels traditionnels pourraient-ils tenir debout en cas de grandes inondations ?
Questions de recherche :
1 - Quelles sont les principales stratégies de conception qui peuvent être déployées par les architectes pour transformer les niveaux inférieurs en cas de submersion ?
2 - Comment repenser les niveaux supérieurs, afin de permettre un refuge temporaire pour les usagers ?

Portée :
De New York à Shanghai, les villes côtières sont menacées par l'élévation du niveau de la mer et les marées de tempête imprévisibles. Selon un pronostic bien connu, d'ici 2050 environ 68 % de la population mondiale vivra dans des zones urbaines (Révision des perspectives d'urbanisation mondiale, 2018), ce qui implique le développement de structures verticales. 90 % des plus grandes villes du monde sont situées en bord de mer, pourtant, jusqu'à présent, la plupart des efforts déployés pour faire face au changement climatique ont porté bien davantage sur l'atténuation que sur l'adaptation. (Depietri. McPhearson. 2017).
Ces dernières années, les questions liées à l'eau ont fait l'objet d'une grande attention de la part de la communauté internationale. La seule réponse à cette tragédie imminente est d'adopter sans délais une stratégie efficace. (Dimensions of Sustainability, 1999.)
Jusqu'à présent, plusieurs stratégies d’ajout de superstructures ont été proposées dans des villes comme New York. Par exemple, le groupe de développement JDS a redessiné les toits des immeubles résidentiels, créant malheureusement des architectures peu excitantes et réservées aux résidences luxueuses. Ce genre de solution n’est donc pas pertinente pour d'autres types de structures de grande hauteur.

Contributions à long-terme :
Cette recherche contribuera au nécessaire débat sur le design des gratte-ciels contemporains, et plus particulièrement sur l'adaptation des systèmes aux effets du changement climatique. La recherche ouvrira la voie à une stratégie d'adaptation des structures existantes. Elle permettra également de questionner l'esthétique des gratte-ciels à l'ère du changement climatique, dans laquelle ils pourraient devenir des instruments actifs de la résistance et la résilience des villes à des menaces sans précédent.

Mandana Bafghinia, candidate au doctorat, chercheuse responsable
Superviseurs : Jean-Pierre Chupin et Bechara Helal
Assistant de recherche : Conor DeSantis, étudiant en master d'études urbaines

Recherche financée par le Council of Tall Building and Urban Habitat (CTBUH - student research award),

UNE ÉCOLOGIE DES CULTURES DU BOIS AU CANADA (2003-2020) : COMPARAISON DES CULTURES CONSTRUCTIVES À TRAVERS LES PROJETS ARCHITECTURAUX PRIMÉS

Chercheur.e.s LEAP: Izabel Amaral + Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella

Période: 2020 - 2022

À l'intersection de la théorie architecturale et des études culturelles, cette recherche examine l'architecture en bois comme un univers symbolique qui nous permet d'étudier la présence de la nature dans la culture humaine. Cette recherche théorisera la diversité des expressions de la qualité dans l'architecture canadienne, des points de vue de la préoccupation environnementale, de la culture constructive et de l'expression architecturale. En considérant l'architecture en bois comme une forme d'"écologie culturelle", elle cherchera à révéler comment les cultures canadiennes représentent et symbolisent leurs relations avec la terre et les ressources naturelles, ainsi qu’avec les cultures de ses peuples fondateurs.

Malgré l'intérêt pour le bois comme alternative majeure aux matériaux de construction à base de combustibles fossiles, cette recherche met en évidence le spectre symbolique des bâtiments en bois qui va des traditions locales et indigènes à l'esthétique écologique, représentant des formes de fabrication qui reposent à la fois sur une pratique traditionnelle de l’architecture et sur les technologies de construction récentes comme la conception assistée par ordinateur. Nous cherchons à mieux interpréter et comprendre comment les progrès de la pratique architecturale et des techniques de construction affectent la façon dont l'architecture est envisagée et construite au Canada au cours des dernières décennies. Parallèlement à l'étude de l'influence des considérations environnementales sur les formes architecturales au Canada, nous donnerons un sens à la dissonance au sein de la théorie de l'architecture entre les idées sur l'interdépendance et de l'autonomie de la forme architecturale (son apparence visuelle), du matériau (de quoi il est fait) et de la signification (les messages et idéaux qu’il exprime). Cette enquête fournira également une étude empirique mettant en perspective deux points de vue théoriques en matière de théorie architecturale. Ils ont été respectivement soutenus par les auteurs Kenneth Frampton (Columbia University) et Antoine Picon (Harvard University) qui défendent des points de vue opposés sur la matérialité et la culture numérique. Considérant un corpus de projets primés centrées sur le bois comme matériau de construction durable, cette recherche évaluera l'architecture canadienne exemplaire des bâtiments culturels publics et sa reconnaissance analytique en tant que pratique culturelle. Grâce à une série d'analyses comparatives au sein d'un corpus empirique de 40 projets récompensés en Ontario et au Québec, entre 2003 et 2020, nos principaux objectifs et nos principales phases de recherche sont les suivants :

Identification et illustration des expressions culturelles dans l'architecture en bois canadienne
Afin d'obtenir une compréhension approfondie de la variété des pratiques et des cultures dans l'architecture canadienne en bois, nous documenterons et analyserons les bâtiments en bois récompensés (par le biais de photographies, de dessins, de modèles physiques, de textes, etc.) Nous étudierons et identifierons ensuite les tensions entre les discours sur la durabilité et l'expression architecturale, ce qui nous permettra de sonder la place occupée par l'architecture en bois comme (1) une forme symbolique d'environnementalisme, comme (2) une stratégie pour s'engager avec les perceptions esthétiques, comme (3) lieu d'un débat sur les cultures traditionnelles et numériques dans la conception architecturale, et comme (4) un moyen pour les concepteurs d'encourager la vitalité des communautés et industries locales.

Visualisation et diffusion des résultats de la recherche
Les 40 projets étudiés seront publiés dans une source en libre accès, l'Atlas de l'excellence en architecture, une plateforme de documentation et de recherche sur l'architecture canadienne primée. Nous soumettrons également des travaux universitaires sur l'architecture canadienne en bois à une variété de publications en libre accès et évaluées par des pairs, ainsi que des présentations scientifiques dans le cadre d'événements universitaires. D'autres documents seront rassemblés et organisés pour une exposition d'architecture en bois canadienne exemplaire.

Izabel Amaral (Laurentian University), Jean-Pierre Chupin et Carmela Cucuzzella,
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme développement Savoir) 2020-2022

LES ESPACES D’UNE JUSTICE RÉPARATRICE ET TRANSITOIRE : ARCHITECTURE, HISTOIRE ORALE ET DESIGN

Chercheure LEAP: Ipek Türeli 

Période: 2020 - 2022

Problématique
Ce projet vise à comprendre l'environnement bâti comme le contexte physique principal de la "justice réparatrice" et de la "justice transitionnelle". Ces approches alternatives de la justice valorisent la vérité, la responsabilité, la réparation, la réconciliation, la résolution des conflits et la participation démocratique, et elles sont de plus en plus utilisées dans les contextes post-coloniaux et post-conflit. Malgré l'essor des paradigmes de justice alternative, les espaces de justice transitionnelle et réparatrice sont rarement conçus à des fins spécifiques, et encore moins étudiés relativement à leur mode de conception. L'objectif du projet proposé est donc de produire des recherches et des créations qui apporteront des connaissances scientifiques ainsi qu’un service pratique aux efforts de justice alternative dans le domaine spécifique de l'espace. Nous proposons de créer des réponses pratiques et ouvertes à notre question principale : Comment la conception spatiale pourrait-elle soutenir et encourager les paradigmes de justice non traditionnels ?

Contribution à la connaissance
Notre projet permettra d'accroître l'accessibilité, la circulation et l'échange de connaissances sur les espaces de justice réparatrice et transitoire. Au cours des phases I et II du projet, nous rassemblerons des recherches secondaires et téléchargerons sur notre site web/banque de données en libre accès des exemples d'espaces dans lesquels on observe la pratique de justice réparatrice et transitoire. Chaque élément sera accompagné d'un court texte rédigé par les membres de l'équipe. Ceux-ci expliqueront l'exemple et sa signification dans le cadre plus large de la conception de la justice réparatrice et transitoire (quel est précisément l'espace ? Où est-il situé ? A quoi sert-il en termes de justice réparatrice et/ou transitoire ? Que peut-on en apprendre ?). De cette façon, le projet fournira une ressource à la fois à la communauté universitaire et à une communauté internationale de praticiens de modèles de justice non traditionnelle cherchant à en savoir plus sur les problèmes et les précédents dans ce domaine.
Les phases III et IV du projet sont également conçues pour mobiliser les connaissances que nous produirons. Les cinq prototypes de conception produits au cours de la phase III seront ajoutés à notre site web/base de données, ainsi que des extraits d’interviews (avec permission des personnes interviewés). Ces ajouts augmenteront considérablement la valeur et la diffusion du projet auprès du public. Dans la phase IV, l'essai final coécrit et revu par les pairs suscitera un large lectorat dans les domaines des études de la justice, de la justice réparatrice et transitoire et de la défense de la justice.

Portée
Ce projet bénéficiera à la création de connaissances et aux résultats intellectuels en étant le premier projet de recherche universitaire, à notre connaissance, à réaliser une enquête publique sur les espaces de pratiques de justice réparatrice et transitoire dans différents pays. Parce qu'il portera sur des espaces conçus à dessein et des espaces de fortune, il intéressera tout autant les historiens de l'environnement bâti que les militants.

Cynthia Hammond (PI), Ipek Türeli et Luis Sotelo Castro (Concordia University),
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme développement Savoir) 2020-2022

LA VILLE EXTRAORDINAIRE: APPRENDRE DES CONNAISSANCES URBAINES DES ANCIENS A MONTREAL PAR LA RECHERCHE-CRÉATION ET L’HISTOIRE ORALE.

Chercheur.e.s LEAP: Ursula Eicker + Denis Bilodeau

Période: 2020 - 2022

Problématique
Que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre en avant ces connaissances et cette expérience, et partager et diffuser leurs valeurs avec le public et les décideurs ? Comment ces connaissances peuvent-elles servir de guide vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ? La ville extraordinaire soutiendra la création de parcours interdisciplinaires pour rassembler et rendre public l'extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés.

Contribution à la connaissance
Les quatre groupes communautaires avec lesquels nous travaillons sont culturellement, racialement, linguistiquement et politiquement divers et représentent des quartiers très différents de Montréal. Notre méthodologie combine l'histoire orale, les arts communautaires, la scénographie urbaine, la collecte de données et la cartographie afin d'enregistrer, de répondre et de diffuser les connaissances urbaines distinctes de ces partenaires de façon créative. En utilisant des outils numériques, des techniques de cartographie déjà éprouvées comme nouvelles, ainsi que des méthodes créatives axées sur le lieu, nous mobiliserons une approche intergénérationnelle, interculturelle et interdisciplinaire pour répondre à nos principales questions de recherche : que savent les Montréalais âgés des changements urbains ? Comment pouvons-nous utiliser des moyens créatifs pour mettre ces connaissances à l'avant-plan les partager avec le grand public comme avec les décideurs au sens large ? Comment, enfin, ces connaissances peuvent-elles servir de guide multilingue vers une ville plus durable, plus juste et plus inclusive ?
La ville extraordinaire établira des liens constructifs entre les connaissances des Montréalais âgés sur les changements urbains et les productions artistiques publiques. Pour nous, les villes ne sont pas simplement des paysages de jeunesse et de mobilité sans entraves. En plus de servir d'intervention stratégique dans le discours vieillissant qui s'intensifie au Québec, notre partenariat soutiendra que la mémoire vivante et la narration publique et créative sont de puissants moyens de parvenir à un engagement collectif et à une transformation sociale d’envergure.

Portée
La ville extraordinaire rassemblera et rendra public l'extraordinaire savoir urbain détenu par les Montréalais âgés. Notre partenariat mettra en œuvre la recherche-création en histoire orale comme méthode principale, et nous exposerons nos résultats en 2023-24 dans un important musée de Montréal, Mémoire des Montréalais.es, qui nous aidera à rendre ces connaissances visibles, audibles et palpables. Notre objectif - rassembler et de partager les connaissances des aînés sur les changements urbains - est en fin de compte de stimuler des dialogues plus solides et plus inclusifs sur l'avenir urbain de Montréal, en tant que lieu intergénérationnel, interculturel et historique.

Cynthia Hammond (PI), Shauna Janssen (Concordia University), Denis Bilodeau et Ursula Eickerand (Concordia University)
recherche subventionnée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Développement des partenariats) 2020-2022

L’ART ET LA SCIENCE DE CONSTRUIRE, PIER LUIGI NERVI

Chercheur LEAP: Bechara Helal

Période: 2020 - 2021

Un véritable maître de la pierre artificielle et industrialisée, le « ciment armé », Pier Luigi Nervi (1891-1979) est certainement parmi les ingénieurs en structure les plus influents du vingtième siècle. Nervi combine son approche humaniste de l'ingénierie avec une démarche d'exploration ancrée dans le travail de la matière pour déterminer un axe de recherche et d'application du béton armé et du ferrociment en particulier qui allait lui permettre de réaliser un corpus d'oeuvres remarquables aussi bien en matière de techniques de construction que de formes architecturales. Durant sa carrière, Nervi a participé à la réalisation d'édifices iconiques de l'architecture du vingtième siècle comme le Palazzetto dello sport à Rome (1958), le Palais du Travail à Turin (1960) et la tour Pirelli à Milan (1960). Une autre réalisation majeure, qui est d'ailleurs en lien direct avec Montréal, est la tour de Place Victoria (1964), qu'il conçoit en collaboration avec l'architecte Luigi Moretti.

Ce projet autour de l'oeuvre de Pier Luigi Nervi comporte plusieurs composantes : présentation d'une exposition itinérante accompagnée d'un volet local, une conférence publique, une journée d'étude, et une visite accompagnée d'une conférence grand public. L'exposition, intitulée Pier Luigi Nervi. L'art et la science de construire, est une version itinérante, allégée et adaptée de l'exposition Pier Luigi Nervi : Architecture as Challenge présentée pour la première fois à Bruxelles en 2010. Cette exposition sera présentée au Centre de design de l'UQAM du 20 septembre au 20 novembre 2020. Le volet local de l'exposition sera préparé par des professeurs de l'École de design de l'UQAM et de l'École d'architecture de l'Université de Montréal. Ce contenu à la fois distinct et original permettra de porter un regard sur la contribution de Nervi au développement de trois pratiques constructives interreliées : la préfabrication, l'expérimentation en laboratoire, et l'industrialisation. Intitulée Nervi. Maître concepteur, ce volet de l'exposition sera basé sur la documentation, l'analyse et la représentation en maquette d'un groupe de projets réalisés par Nervi qui témoignent de son approche atypique de la conception dans la production de l'environnement bâti.

L'exposition itinérante et son volet local serviront de point d'ancrage pour l'organisation d'activités de réflexion et de diffusion auprès de divers publics : une conférence publique sur l'originalité conceptuelle et constructive de Nervi, une journée d'étude sur les rapports entre conception et expérimentation chez Nervi et son héritage au 21e siècle, une visite guidée de Place Victoria à Montréal, et une conférence grand public sur une expérience de travail avec Nervi.

Plusieurs organismes parrains ont déjà confirmé leur intérêt à être associés à ce projet : l'Institut Italien de la Culture de Montréal, l'Ordre des architectes du Québec, Le groupe Petra, l'organisme Docomomo Québec, La chaire Industrielle Pomerleau Construction associé à l'école Polytechnique Montréal ainsi que l'Institut Canadien du béton préfabriqué et précontraint. La diversité de ces partenaires témoigne d'emblée du caractère fédérateur de ce projet d'exposition, de réflexion et de diffusion. Même plusieurs décennies après la fin de sa carrière, Nervi demeure une icône emblématique de la modernité en architecture et continue de susciter un grand intérêt interdisciplinaire. Le présent projet autour de l'oeuvre de Nervi permettra de cadrer son importance, de redécouvrir les leçons de sa pratique de concepteur / constructeur, de diffuser ces leçons pour un public large et transdisciplinaire et d'engager des discussions porteuses entre l'ensemble des intervenants du projet.

Carlo Carbone, Louise Pelletier, Bechara Helal et Réjean Legault
Exposition et colloque au Centre de design de l’UQAM financée par le Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada (Programme Connexion), l'Institut italien et l'Ordre des Architectes du Québec 2020-2021

CONTRAT DE RECHERCHE ET DE SERVICE POUR TRAVAUX PUBLICS ET SERVICES GOUVERNEMENTAUX DU CANADA

Chercheurs LEAP: Jean-Pierre Chupin + Bechara Helal + Denis Bilodeau

Période: 2018 - 2021


financé par Travaux publics et services gouvernementaux du Canada 2018-2021

LE LOGEMENT POUR LA JUSTICE SPATIALE : DES COOPÉRATIVES POUR FEMMES À MONTRÉAL

Chercheures LEAP: Ipek Türeli + Virginie Lasalle

Période: 2018

Montréal compte des centaines de coopératives d'habitation. Plusieurs d'entre elles ont été fondées par des femmes militantes et professionnelles de la classe moyenne afin de rendre autonomes les femmes à faible revenu. Cette recherche étudie la manière dont les conceptions physiques (architecturales) des coopératives de logement féministes ont cherché à autonomiser les femmes et comment les aspects de leur conception ont été reçus par les résidents.

Les coopératives de logements féministes s’inscrivent dans la longue histoire des actions et des mouvements des femmes pour améliorer les villes en Amérique du Nord pour les femmes au XXIe siècle, depuis les féministes matérialistes, le settlement movement ainsi que le combat pour le droit de vote, au féminisme de la deuxième vague qui a conduit à des perspectives concurrentes et complémentaires sur les femmes, et plus particulièrement sur la façon dont elles vivent et utilisent l'environnement bâti et sur la façon dont leur expérience peut être améliorée. Un courant préconisait notamment l'intégration d'espaces et d'institutions jusqu'alors réservés aux hommes, et la création parallèle d'espaces réservés aux femmes, tels que les bibliothèques pour femmes, les logements pour femmes et les refuges pour femmes (Espagne, 2016). Les coopératives de logement féministes s'inscrivent dans ce dernier schéma.

Cette recherche examine plusieurs projets de logement pour femmes, créés à Montréal et gérés par des coopératives. Les militantes féministes du logement ont reconnu que les femmes, et en particulier les familles monoparentales dirigées par des femmes, étaient désavantagées tant sur le marché du travail que dans l'accès à un logement abordable (Wekerle, 1980). Les projets de logement coopératif ont contribué à la revitalisation des quartiers du centre-ville en améliorant le parc immobilier et les réseaux communautaires existants sans provoquer de déplacements. Les féministes ont mis l'accent sur les espaces collectifs et les équipements partagés qui favoriseraient la diversité, mais, comme le montre notre recherche, de telles ambitions n'ont pas atteint les objectifs du CMHSC ni ceux d'autres organismes de financement qui visaient à normaliser les unités et à faire face à la réalité de leurs maigres budgets. Même lorsqu'elles en ont eu les moyens et qu'elles en ont pris conscience, d'autres problèmes sont apparus concernant la participation et le maintien de l'ordre. En examinant comment ces importantes expériences ont réussi en utilisant l'histoire orale et l'analyse du paysage culturel, cette recherche contribue aux discussions actuelles sur l'activisme en matière de logement et les relations entre logement et genre.

Ipek Tureli et Virginie Lasalle
recherche subventionnée par Conseil de Recherche en Sciences Humaines du Canada , la Chaire de recherche du Canada en Architecture de la Justice Spatiale et la Fondation Canadienne pour l'innovation 2018-

TERRITOIRE EN MOUVEMENT ET CORPS AU REPOS: UN INVENTAIRE DES HALTES ROUTIERES QUEBECOISES

Chercheur.e.s LEAP: Thomas-Bernard Kenniff + Bechara Helal + Virginie Lasalle

Période: 2020

Ce projet de recherche-conception propose un inventaire des haltes routières du réseau routier québécois afin d’explorer, par le projet de design, leur relation au territoire, à l’appareil gouvernemental et à l’imaginaire culturel. Il repose sur le fait de voir, dans la halte routière, non seulement une offre de services aux voyageurs, mais un dispositif biopolitique déployé à l’échelle du territoire.

La halte routière met en jeu politique et bureaucratie provinciale, mécanismes de privatisation des biens publics, identité culturelle et biologique, questions de genres, gestion des corps, hygiène publique et pratiques illicites. Bien au-delà de leur potentiel en tant que lieux pouvant mettre en valeur le territoire et le paysage local, les haltes routières forment une vaste constellation d’interfaces culturelles qui associent l’appareil gouvernemental aux personnes en mouvement. Celles-ci expriment donc la prise en charge, par l’état ou la municipalité, des fonctions biologiques des voyageurs, renforce l’agencement socio-matériel du territoire tout en étant un lieu de différenciation et, surtout, participe activement au contrôle et à la régulation de ces fonctions et de cette organisation en les territorialisant.

Au Québec, le développement des parcs routiers va de pair avec la modernisation de l’état et la construction du réseau routier dans la deuxième moitié du 20e siècle. La grande majorité des haltes routières furent construites dans les décennies 1960 et 1970 et celles-ci conservent un langage architectural allusif au vernaculaire et un lien avec l’état (gestion). Bien qu’elles soient modèles de « non-lieux », leur architecture et la responsabilité gouvernementale confèrent au parc des haltes québécoise un lien symbolique par rapport à l’identité culturelle inscrite dans le territoire et à la prise en charge publique des services aux voyageurs. Le projet de modernisation des haltes québécoise gérées par le Ministère des Transports du Québec (MTQ) se développe lentement depuis près de 30 ans, mais s’est accéléré dans les années 2000. Le MTQ, qui gère 102 des haltes routières de la province (213 sont municipales), est en voie de produire des relevés en vue de leur modernisation et potentielle privatisation. Nous nous trouvons donc à un moment charnière de la transformation du réseau des parcs routiers, une situation qui appelle et justifie de se pencher sur la place que ces haltes occupent dans l’imaginaire collectif et sur leurs liens avec le territoire. Incidemment, une des contributions principales du projet réside dans le contexte particulier de manque de documentation des haltes et de l’importance d’en faire un relevé (autre que technique) dans la foulé de leur modernisation.

Le projet inclut la documentation sur le terrain, l’exploration par la photographie et le dessin dans le cadre d’une première phase d’investigation, de synthèse des données et d’expérimentation menant éventuellement, lors d’une seconde phase, à la réalisation d’un livre et d’une exposition.

Thomas-Bernard Kenniff, Bechara Helal et Virginie Lasalle
Le projet bénéficie du soutien de la Faculté des arts de l’UQAM et du Ministère des transports du Québec.

L’AGENCEMENT DU COMMUN. REPENSER LES INTERFACES MUNICIPALES MONTREALAISES PAR LE PROJET

Chercheur.e.s LEAP: Thomas-Bernard Kenniff + Anne Cormier + Virginie Lasalle

Période: 2017 - 2021

Le projet L’agencement du commun réévalue et repense la conception des espaces publics dans le contexte montréalais des 25 dernières années. Il relève les tendances qui marquent la production du domaine public bâti de la métropole québécoise en proposant de reconcevoir la formalisation des relations collectivités-individus par la recherche-création. Le projet étudie la façon dont la Ville de Montréal et ses arrondissements ont mis en place ou modifié les interfaces physiques servant à connecter les entités administratives et politiques aux occupants de la ville. La méthodologie de recherche se base sur des études de cas à différentes échelles et de différents types incluant le bac de récupération, les abribus, les points de service de la Cour municipale, les écocentres et les bureaux Accès Montréal. Le sujet d’étude est donc l’espace public dans un sens très large, ralliant l’espace civique et politique urbain à l’expérience quotidienne. Durant les trois ans que durera le projet nous prévoyons établir un répertoire de cas ainsi que faire une recherche approfondie sur une sélection de dix à douze projets. Nos méthodes incluent la recherche documentaire, la prise de photos sur le terrain, l’analyse par le dessin et des entretiens avec des personnes ayant participé à l’élaboration des projets. Notre objectif, au terme de ces trois années, est d’être en mesure d’établir des liens de parenté entre les divers projets étudiés, de synthétiser cette facette du développement de l’espace public et politique de Montréal et de suggérer quelques pistes de réflexion sur son développement futur. Il s’agit donc de renouveler notre conception collective des espaces publics, tout en soulevant des questions sur l’éthique et la représentation dans le projet de design, questions importantes dans le contexte social, économique et politique actuel.

Thomas-Bernard Kenniff, Virginie Lasalle, Anne Cormier et Louise Pelletier
recherche subventionnée par l'UQAM et le Fonds de Recherche Québec Société Culture (soutien à la relève professorale)  2017-2021

CONCEVOIR DES LIEUX AVEC, PAR ET POUR LES PERSONNES AUTISTES

Chercheur.e.s LEAP: Bechara Helal + Virginie Lasalle

Période: 2017 - 2021

Si la justesse du cadre architecturé et de son aménagement intérieur doit assurer la sécurité et la fonctionnalité du lieu, elle intervient aussi directement sur le bien-être de la personne par la possibilité d'une expérience du lieu signifiante, par le niveau de confort, par la qualité et la diversité des interactions sociales qu'elle favorise. Cette incidence est décuplée chez les personnes autistes, qui se distinguent par une sensibilité exacerbée à leur environnement et par des modalités et des besoins de communication différents, le tout ayant un impact parfois majeur sur les capacités à s'adapter à leur environnement. Bien qu'il existe aujourd'hui une quantité appréciable de documentation sur la conception des environnements des personnes autistes provenant de spécialistes de l’aménagement et des sciences humaines et sociales, aucune étude recensée n'intègre ces différents regards. La perspective des personnes autistes elles-mêmes est rare, alors que l'autisme est de plus en plus reconnu comme une variante de plein droit de la diversité humaine, et les personnes autistes comme des partenaires dans la compréhension et l'élaboration de réponses à leurs besoins.

C'est la nécessité d'accéder à une compréhension affinée de l'expérience des personnes autistes dans l'environnement bâti et des facteurs intervenant sur leur bien-être qui a amené des chercheurs en design d'intérieur, psychiatrie et sciences de l'information à élaborer ce projet en y incluant des personnes autistes, afin de mettre en oeuvre un dispositif de conception de l'environnement bâti, avec, par et pour les personnes autistes. Cette recherche poursuit trois objectifs : [A] évaluer des stratégies de conception de lieux existants destinés spécifiquement aux personnes autistes et, sur cette base, projeter des pistes d'innovation ; [B] décrire et caractériser les composantes de l'environnement bâti influençant le bien-être des personnes autistes ; [C] concevoir une formule pédagogique en design d'intérieur pour la co-conception de l'environnement bâti basée sur l'expérience de personnes autistes. Le projet se déploie en trois volets : [1] une évaluation post-occupationnelle de lieux existants, destinés aux personnes autistes ; [2] la mise en place d'une formule pédagogique de co-conception basée sur l'expérience de personnes autistes, dans le contexte universitaire d'ateliers de design d'intérieur ; et [3] la consultation en ligne d'un vaste bassin d'usagers potentiels à l'aide des propositions d'environnements virtuels produits lors du volet 2 de la recherche.

Cette recherche propose une orientation scientifique unique en élaborant un procédé à trois étapes qui se conjuguent, pour comprendre, évaluer et intégrer aux pratiques de conception les facteurs favorisant le bien-être des personnes autistes. Son approche novatrice se distingue en inversant les paradigmes dominants et en plaçant des personnes autistes en position de pouvoir par leur statut de co-concepteur et de partenaire. Cette étude permettra l'élaboration de pratiques de conception innovantes, rigoureuses et ancrées dans des savoirs expérientiels, nécessaires aux développeurs de milieux de vie inclusifs, conçus en considération de la neurodiversité et adaptés à la pluralité des occupants. Les résultats visés pourront avoir un impact majeur sur le bien-être et l'autonomie des personnes autistes, et favoriser leur participation à la vie sociale active.

Virginie Lasalle, Cynthia Hammond, Bechara Helal avec Baudouin Forgeot d'Arc (psychiatrie) et Vincent Larivière (sciences de l’information)
recherche subventionnée par le Fonds de Recherche Québec Société Culture (programme intersectoriel Audace) 2017-2021

CONCEVOIR LES LIEUX DE VIE D’UNE HABITATION TRANSITOIRE POUR JEUNES DE 8 A 14 ANS A PROFIL MULTIPROBLEMATIQUE COMPLEXE

Chercheur.e.s LEAP: Anne Cormier + Denis Bilodeau + Virginie Lasalle

Période: 2020

Contexte
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).a contacté la professeure Virginie LaSalle afin d’être aidé dans les démarches de design d’intérieur des lieux de vie d’un nouveau modèle d’habitation transitoire destiné à des jeunes de 8 à 14 ans, à profil multiproblématique complexe.
Ces lieux d’habitation transitoire doivent être conçus pour répondre aux besoins spécifiques de la clientèle visée ainsi que des intervenants cliniques qui y travaillent. Il est essentiel que les aménagements soient sécuritaires, durables et adaptés aux activités se déroulant dans les différents espaces. On attend de plus que l’ambiance de ces lieux se distingue d’une ambiance « institutionnelle » ; en ce sens, on souhaite créer une ambiance accueillante et apaisante, adaptée et aux caractéristiques sensorielles des jeunes qui y séjournent.
L’approche favorisée a pour premier objectif d’assurer la qualité des lieux de vie aménagés dont les plans ont été initialement élaborés par un architecte mandaté, et de proposer des pistes d’amélioration à ces aménagements, en appui au milieu clinique. Dans cette intention, les travaux sont menés en rapport avec ceux du designer d’intérieur Julien Delannoy, mandaté pour ce projet par le CIUSSS MCQ. Les démarches effectuées doivent s’intégrer, à terme, à un « Guide d’aménagement » produit en vue des de fournir des recommandations et constats qui informeront des projets comparables.

Approche implantée
L’approche mise en place inclut (1) la production d’un rapport comportant des recommandations générales sur le design d’intérieur du modèle d’habitation transitoire pour jeunes à profil multiproblématique complexe, élaboré pour le CIUSSS MCQ. Ce document portera sur les principes de design à respecter et des pratiques de design exemplaires, en appui aux décisions de l’équipe du CIUSSS et de design. Ce volet sert la préparation du matériel d’un l’atelier de codesign (2) réalisé à Trois-Rivières avec des intervenants du milieu clinique, des proches de résidents ainsi que des responsables du CIUSSS (octobre 2019) a permis de mettre les propositions de design préliminaires à l’épreuve des savoirs expérientiels et des expertises des différents usagers futurs du lieu. Enfin, une coordination a été assurée entre l’équipe d’expertise-conseil et l’équipe de design, pour assurer le transfert des connaissances et le bon fonctionnement de la démarche de design.

Virginie Lasalle, Anne Cormier et Denis Bilodeau

Mandat d’expertise-conseil en appui au milieu clinique du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

VIVRE LA QUALITÉ AU QUOTIDIEN : PROTOCOLE D’ENQUÊTE ET D’ÉVALUATION QUALITATIVE DE LA VALEUR SOCIALE DES ÉDIFICES PUBLICS PAR LE RECUEIL D’EXPÉRIENCES VÉCUES PAR LES USAGERS

Chercheur.e.s du LEAP: Jean-Pierre Chupin + Carmela Cucuzzella + Bechara Helal

Période: 2023 - 2025

Cette proposition s’inscrit dans la section Opération qualité de la Trousse qualité de la Ville de Montréal. Elle s’adresse plus particulièrement aux stratégies de pérennisation, de recadrage et de communication. Pérennisation en ce que le recueil de l’expérience vécue de la qualité est un des garants d’une bonne compréhension des cycles de vie et devrait faire partie intégrante des plans de suivi de la qualité. Leur diffusion contribuerait à un meilleur apprentissage collectif. En tant qu’éléments d’une approche réflexive, le recueil de l’expérience vécue est un déterminant des stratégies de recadrage. Mais c’est aussi en tant que point de contact avec la réalité vécue dans les édifices et lieux publics – en tant que mode de consultation en continu – que la collecte de l’expérience vécue devrait informer les stratégies de communication.

La Trousse qualité est un excellent exercice de cartographie des tenants et aboutissants de la qualité des environnements construits qui place la Ville de Montréal à l’avant-poste des stratégies municipales en la matière dans le paysage des villes canadiennes. C’est déjà ce qui nous est donné d’observer à titre d’organisateur d’un vaste projet de recherche en partenariat financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (2022-2027), de ce que les propositions de la Ville de Montréal inspirent déjà à d’autres villes canadiennes membres de notre projet.

Notre recherche partenariale s’intitule de fait : Qualité dans l’environnement construit au Canada : Feuilles de route vers l’équité, la valeur sociale et la durabilité (Pour plus d’information, voir : https://livingatlasofquality.ca/fr/home#). La présente proposition permettrait d’établir des passerelles entre les initiatives nationales et municipales. En offrant de développer un protocole de captation des expériences vécues positives de la qualité, notre proposition s’inscrit donc à la fois dans la stratégie d’exemplarité de la Ville de Montréal qui est à la source de la Trousse qualité, et elle se propose de faire le lien avec une réflexion à l’échelle du Canada. Enfin, ce projet s’inscrit dans la logique mise en place par la Politique nationale de l’architecture et de l’aménagement du territoire (Mieux habiter et bâtir notre territoire) dévoilée le 6 juin 2023 par le gouvernement du Québec. Il prend acte des onze principes directeurs et des « 6 conditions favorisant la qualité architecturale » formulés dans l’aide-mémoire « Pour une architecture humaine, durable et créative ».

Dans les environnements publics, nous partons du principe que la qualité se conçoit et se construit, mais surtout que la qualité se partage et qu’il est aujourd’hui indispensable de susciter un débat élargi sur la qualité. Il s’agit de favoriser la compréhension la plus large des déterminants de la qualité vue de répondre à la question suivante : comment accroître la capacité de la diversité des usagers des édifices publics municipaux à voir, à exprimer et à mieux comprendre ce qui définit la qualité des environnements bâtis à Montréal en les invitant à partager des expériences vécues positives de la qualité?

TERRAFIBRA ARCHITECTURES

Chercheurs du LEAP: Georges Adamczyk + Bechara Helal

Période: Avril 2024 - Juin 2024

Conduite par le Pavillon de l’Arsenal, amàco et les Grands Ateliers, l’exposition présente 40 édifices finalistes du TERRAFIBRA Award, premier prix mondial des architectures contemporaines en terre crue et fibres végétales. Face au défi climatique et à la nécessaire adaptation des systèmes constructifs, l’utilisation des matériaux biosourcés et géosourcés offre des solutions techniques vertueuses. Allier terre et fibres végétales valorise la mixité des matériaux et réaffirme l’importance de l’intelligence constructive, qui vise à utiliser la juste quantité du bon matériau au bon endroit.

Sous le commissariat de Dominique Gauzin-Müller, architecte chercheuse, et d’Anne Lambert, ingénieure et designer.

Exposition présentée par le Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle et l’École d’architecture de l’Université de Montréal. Les professeurs Georges Adamczyk et Bechara Helal, membres du Leap, sont les commissaires délégués pour cette première nord-américaine.

19 avril au 15 juin 2024

Galerie de l’Université de Montréal
2940 Chemin de la Côte-Ste-Catherine
Consultez la page de la Galerie de l'Université de Montréal pour en savoir plus.

CARMELA CUCUZZELLA DIRIGE LA CHAIRE DE RECHERCHE IDEAS-BE DE L’UNIVERSITÉ DE CONCORDIA

Chercheure LEAP: Carmela Cucuzzella 

Période: 2020 - 2025

La Concordia University Research Chair (CURC) de Carmela Cucuzzella dans IDEAS-BE est renouvelée de juillet 2020 à juillet 2025.

La chaire de recherche de l'Université Concordia en conception intégrée, écologie et durabilité pour l'environnement bâti (ideas-be) se concentre sur l'étude des projets et des pratiques de conception pour l'environnement bâti situés au carrefour des préoccupations culturelles, sociales, environnementales et économiques. Elle considère la durabilité comme un paradigme qui traverse les principales disciplines et professions concernées par la conception pour l'environnement bâti (design urbain, architecture et paysage). Ce programme de recherche identifie, catégorise et diffuse les transformations stratégiques des intentions durables dans la conception de l'environnement bâti urbain. Notre principal objectif est de mieux comprendre comment les concepteurs vont au-delà des injonctions actuelles des normes et politiques environnementales afin d'atteindre un équilibre créatif entre l'éthique de la conception et l'esthétique dans leurs projets d'espace public - une question qui est restée largement ignorée dans la théorie récente du design.

ARCHITECTURE CITOYENNE COMME INTERFACE MUNICIPALE

Chercheur.e.s LEAP: Thomas-Bernard Kenniff + Anne Cormier + Jean-Pierre Chupin

Période: 2021

L’architecture municipale comme interface citoyenne : un inventaire prospectif pour documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois

Projet de recherche-création qui a pour but de documenter, analyser et anticiper l’aménagement des dispositifs politiques et judiciaires dans le contexte municipal régional québécois.

Dans le contexte d’aménagement régional, l’accès en personne aux services municipaux soulève des questions d’exclusion géographique et d’adaptation des installations architecturales au territoire desservi. L’actuel déplacement des services vers les plateformes en ligne et la dévaluation perçue de l’architecture civique remettent en cause l’importance de ces installations et leur rôle dans une culture politique durable. Notre projet s’intéresse à l’aménagement de deux types d’installations des municipalités du Québec: les hôtels-de-ville et les cours municipales. Compris en tant qu’interfaces municipales entre le citoyen et l’entité administrative, politique et judiciaire, ces aménagements d’une importance sociale capitale révèlent le fonctionnement de l’appareil municipal au sein duquel ils agissent et la manière dont celui-ci prend en charge le citoyen. Par l’étude de la formalisation des services publics dans l’architecture municipale et de leur adaptation aux formes urbaines, quels nouveaux aménagements pouvons-nous anticiper en conservant les aspects significatifs de la rencontre physique entre la municipalité et ses citoyens?

FEUILLES DE ROUTE POUR L’AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ DES ESPACES DÉDIÉS À LA SANTÉ ET AU VIEILLISSEMENT DANS LE CADRE DE LA MISE EN ŒUVRE LOCALE DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES NATIONS UNIES

Chercheures LEAP: Carmela Cucuzzella + Carly Ziter

Période: 2023

Cette recherche porte sur la structure des Objectifs de développement durable des Nations unies (ODD) et leur applicabilité aux projets d’aménagement urbain. La pensée systémique a été introduite comme méthode permettant de mieux comprendre comment les ODD peuvent être intégrés au processus de conception, et plus particulièrement dans la définition du contexte de conception et de ses parties prenantes. Nous avons présenté une série d’études de cas illustrant comment les ODD peuvent être intégrés en prenant en compte les fonctionnements des collectivités locales, les acteurs impliqués et les indicateurs permettant d’évaluer cette intégration.