Mandana Bafghinia

Mandana Bafghinia est une architecte, designer et artiste basée à Paris. Son parcours académique et professionnel s’est construit à travers un engagement transcontinental avec l’architecture, l’urbanisme et la culture visuelle — entre l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Ancré dans une approche critique et interdisciplinaire, son travail explore les processus visuels urbains, la scénographie, le design thinking et la théorie architecturale, avec une attention particulière portée aux dimensions culturelles et environnementales du cadre bâti.

Elle a obtenu en 2023 un doctorat en architecture et géographie, réalisé en cotutelle entre l’Université de Montréal et l’Université Lyon 2. À travers ses recherches interdisciplinaires, elle a analysé les dynamiques visuelles et spatiales de la forme urbaine, en portant une attention particulière aux relations complexes entre les gratte-ciel et leur contexte métropolitain élargi — notamment la portée économique, politique, culturelle et symbolique de leur sommet.

Bafghinia a enseigné dans plusieurs universités et écoles d’architecture en France, au Canada et en Italie (ENSA Paris-La Villette, Université de Montréal et IUAV Venise). En 2019, à la suite de l’obtention d’un prix de recherche décerné par le « Council on Tall Buildings and Urban Habitat », elle a dirigé une équipe de recherche sur les gratte-ciel en tant que réponse complexe à la montée des eaux.

En parallèle de son activité d’enseignement et de recherche académique, elle a contribué à plusieurs expositions internationales majeures, telles que Building a New New World : Amerikanism in Russian Architecture (2019–2020, Centre Canadien d’Architecture, Montréal), où elle a participé à la recherche, à la conception de maquettes et à la production ; et Paris Moderne 1914–1945 : Architecture, Design, Film, Fashion (2019, Power Station of Art, Shanghai), où elle a été assistante de Jean-Louis Cohen.

En complément de ces activités, Mandana Bafghinia est également intervenue comme critique invitée et conférencière dans des institutions telles que l’Université de New York (NYU) et l’Université de Hong Kong.

 

Jonathan Lachance

Jonathan Lachance est étudiant au doctorat en histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal et il s’intéresse à l’histoire et à la théorie de l’architecture en Amérique du nord après la Deuxième Guerre mondiale. Ses recherches précédentes portaient sur l’invention et l’idéologisation du bungalow de banlieue par la Société Canadienne d’Hypothèques et de Logement à partir de 1946. Boursier du FQRSC pour ses études doctorales, sa thèse, réalisée sous la direction de Louis Martin, interroge les fondements architecturaux et écologiques de l’Environmental Design aux États-Unis dans les années 1950 et 1960.

Ma thèse, intitulée Les fondements architecturaux et écologiques de l’Environmental Design aux Etats-Unis : 1953-1975, étudie l’intersection entre Environmental Design et écologie dans l’Amérique d’après-guerre. Elle propose de combler un vide historiographique sur la discipline de l’Environmental Design en retraçant ses discours fondateurs dans les années 1950 et en examinant l’apport de l’architecture du paysage aux discours sur cette discipline dans les années 1960. Le premier chapitre étudie les origines et les premiers développements de l’Environmental Design. Il situe d’abord ses racines dans l’approche promue en 1953 par Serge Chermayeff à la Graduate School of Design (GSD) de l’Université Harvard et en 1959 lorsque William W. Wurster crée le College of Environmental Design (CED) à l’Université de la Californie à Berkeley, puis il examine le développement, la diffusion et l’institutionnalisation graduelle de la discipline dans les années 1960. Les deux chapitres suivants sont des études de cas d’architectes du paysage qui ont réalisé l’intersection avec les sciences naturelles pendant cette décennie : Ian L. McHarg et Lawrence Halprin. Ces chapitres démontrent que McHarg et Halprin représentent deux facettes distinctes de la recherche en Environmental Design dans les années 1960, mais en prolongement des théories fonctionnalistes d’avant-guerre, ils proposent tous les deux des nouvelles théories unifiées du design et des sciences qui donnent à l’architecte du paysage la responsabilité de réformer l’architecture comme « profession » en lui attribuant un mandat et une responsabilité sociale élargie, et l’architecture comme « discipline » en remplaçant l’opposition générique forme/fonction par une nouvelle dialectique objet/processus.