Eliane Noujaim

Eliane Noujaim est chercheuse en histoire de l’architecture. Elle détient deux maîtrises de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK, Liban), l’une en architecture et l’autre en histoire de l’art. Elle a enseigné l’architecture et le design à l’USEK pendant plus de vingt ans et exerce, depuis deux ans, la fonction de chargée de formation pratique en design d’intérieur à l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur l’architecture publique dans les contextes postcoloniaux, les formes modernistes hors d’Occident et les liens entre espace, pouvoir et identité.

Titre du projet thèse : Formes scolaires et imaginaires nationaux : l’architecture publique au Liban dans le tournant postcolonial (1943-1975)

Le projet de thèse propose une lecture critique de l’architecture scolaire au Liban entre 1943 et 1975, une période marquée par la sortie du mandat français, la consolidation de l’État indépendant et les tensions croissantes entre communautés. Il considère l’école comme un artefact spatial et symbolique au cœur de la production de la modernité, de la citoyenneté et de l’unité nationale dans un contexte postcolonial.

En mobilisant les théories critiques de l’espace, les études postcoloniales de l’architecture et les théories constructivistes de la nation, cette recherche s’appuie sur un corpus d’études de cas diversifiées (écoles publiques et privées, confessionnelles et laïques, urbaines et rurales) pour interroger les articulations entre langage architectural, politiques éducatives et imaginaires nationaux. La démarche adopte une posture méthodologique située, attentive aux formes « ordinaires » et aux contextes périphériques souvent absents des récits dominants. Elle cherche à visibiliser des acteurs et des bâtiments marginalisés, tout en abordant de manière critique les lacunes documentaires, non comme simples obstacles, mais comme révélateurs des rapports de pouvoir dans la production, la conservation et la transmission du patrimoine scolaire.

En s’inscrivant dans une perspective critique décentrée, ce travail entend contribuer à renouveler l’histoire globale de l’architecture publique moderne en mettant en lumière les trajectoires hybrides et les tensions constitutives des projets architecturaux dans des contextes postcoloniaux hors d’Occident.

Nicole Yu

Thesis title: Evaluating impacts of green infrastructure design and management on urban biodiversity

Nicole Yu’s research focuses on how green infrastructure can support urban biodiversity, whether private balconies or public parks, as solutions towards building ecologically sustainable cities. As the public’s perception is important for the support of urban greening initiatives, she uses participatory science methods in her doctoral research to engage the public in urban biodiversity monitoring. She also work with urban planners and landscape architects to monitor the ecological impact of their projects.

Olivia Daigneault Deschênes

Titre du projet thèse : Ne marche pas seul·e le soir : le design de guérison, le design critique et le design spéculatif comme outils d’émancipation collective de la peur pour les femmes et les communautés marginalisées dans l’espace public montréalais.

Olivia Daigneault Deschênes (B.Sc.Arch; M.Arch), est architecte, artiste et candidate au doctorat individualisé en architecture à l’Université de Montréal. À travers son parcours académique et professionnel en architecture, Olivia a développé une pratique de recherche-­création interdisciplinaire mêlant design et sciences sociales, avec un engagement particulier pour les théories féministes en architecture.  À travers des activités d’enseignement, des projets d’aménagement et des initiatives de médiation culturelle, elle explore le potentiel du design pour amplifier les voix de celles et ceux que la société a rendus inaudibles.

Son projet de recherche porte sur le sentiment de peur des femmes dans l’espace public, et l’instrumentalisation de cette peur pour l’exclusion de groupes marginalisés. À travers une démarche de recherche-création participative, le projet vise à développer des démarches collectives qui permettent à la fois de s’affranchir du sentiment de peur vécu par les femmes, de développer une compréhension critique de la peur et de dénoncer son instrumentalisation à des fins d’exclusion sociale.

Laurence Roy

Trouver de meilleures façons de vivre ensemble dans un monde aux ressources limitées — telle est la perspective qui oriente la démarche de Laurence Roy, professionnelle en design, candidate au doctorat en aménagement et chargée de cours à l’Université de Montréal. Son parcours allie pratique, recherche et enseignement, avec une attention constante aux enjeux sociaux de l’espace.

Elle a notamment œuvré chez Provencher_Roy, où elle a contribué à des projets d’envergure tels que l’implantation de Desjardins au Stade olympique et l’incubateur Boxone Labs. Ses travaux interrogent le rôle du design dans la création d’environnements inclusifs, avec un intérêt particulier pour l’accueil et la mixité sociale. À l’École de design de l’UdeM, elle enseigne l’aménagement d’espaces collectifs et accompagne la relève dans une réflexion critique sur les dimensions sociales du design.

Titre du projet thèse : L’architecture accueillante : un modèle capabilisant pour des lieux destinés aux réfugiés et à leur communauté hôte

Face à l’ampleur croissante des mobilités forcées à l’échelle mondiale, plusieurs travaux mettent en lumière, au-delà du récit dominant de la plus grande « crise migratoire » en Occident depuis la Seconde Guerre mondiale, une crise sous-jacente : une « crise de l’accueil ». Révélateur des limites structurelles des dispositifs mis en place par les sociétés d’arrivée, ce déplacement de perspective invite les disciplines de l’aménagement à repenser leur rôle au sein des dynamiques d’hospitalité.

Bien que de nombreuses recherches portent sur la conception de lieux destinés aux réfugiés, elles se concentrent principalement sur le logement transitoire — abris d’urgence, refuges, camps — et négligent les potentialités collectives et durables d’environnements conçus pour une occupation plus longue. Dans un contexte de bouleversements climatiques et géopolitiques, où les déplacements tendent à croître, une question s’impose : au-delà de l’hébergement d’urgence et du temporaire, comment accueillir — et surtout, comment accueillir dignement ?

L’originalité de cette étude repose sur la mobilisation du cadre des capabilités, centré sur la dignité humaine, qui permet un éclairage nouveau sur l’aménagement de lieux destinés à des groupes vulnérables. La recherche s’articule autour de l’étude de trois lieux reconnus à l’échelle internationale pour leur écosystème de solidarité envers les réfugiés. Leur exploration combine observations, analyses spatiales et parcours commentés menés auprès de réfugié·e·s, d’intervenant·e·s, de membres des communautés locales et d’équipes de conception.

L’objectif est de poser les fondements d’un modèle architectural de l’accueil, en appui à des pratiques de conception durables, rigoureuses et ancrées dans les savoirs expérientiels. Ces apports visent à nourrir les processus décisionnels liés à la planification et la conception de lieux favorisant le bien-être, l’autonomie et la participation sociale active des personnes réfugiées aux sein de lieu de rencontre innovants et adaptés à la pluralité de leurs occupants.

Hugues Lefebvre Morasse

Designer de l’environnement, artiste et chercheur, Hugues Lefebvre Morasse est candidat au doctorat interdisciplinaire en aménagement de l’Université de Montréal. Sa pratique s’inscrit dans une approche critique du design, où la recherche-création se déploie comme un outil pour penser les rapports entre sexualité, espace et temporalité dans une perspective queer. À travers l’écriture située, le dessin architectural et l’investigation terrain, il interroge la manière dont les corps queers habitent les territoires, s’y projettent et les transforment.

Titre du projet thèse : Espaces, temps et corps queers non métropolitains. Les potentiels de faire-monde queer dans 10 lieux de villégiature au Canada.

Cette thèse porte sur les campings gais, les womyn’s lands et d’autres lieux de villégiature 2S/LGBTQIA+ au Canada. Souvent ignorés par la recherche et la culture populaire, ces sites remettent pourtant en cause les récits métronormatifs — cette logique qui associe la vie queer aux grands centres urbains et qui invisibilise, ce faisant, des réalités régionales bien réelles. En explorant des espaces en marge des normes spatiales, sociales et sexuelles, ce projet met en lumière des pratiques spatiales queers enracinées dans des contextes peu visibles, mais significatifs. Il permet d’envisager l’appropriation spatiale des minorités et leurs aménagements vernaculaires comme des formes de résistance à l’« ici et maintenant hétéronormatif ».

En mobilisant les outils du design pour lire ces territoires, une telle démarche ne vise pas un projet de design prescriptif, mais se déploie plutôt comme une pratique prospective et attentive aux potentialités de l’existant. À partir de la méthode de l’inventaire, telle que développée par Thomas-Bernard Kenniff et Carole Lévesque, Hugues cherche à déceler des « potentiels utopiques » latents, présents dans les traces éphémères — matérielles, sociales et mémorielles — laissées par les pratiques spatiales queers. Cette approche s’inscrit dans la lignée de la pensée de José Esteban Muñoz, pour qui la futurité queer, bien qu’utopique, agit comme une force critique incarnée et quotidienne du présent. En ce sens, ce projet de thèse conçoit les lieux étudiés non seulement comme des objets d’analyse, mais comme des dispositifs de faire-monde queer (queer world-making), capables d’informer et de renouveler les pratiques de l’aménagement à travers le prisme de territorialités et de spatialités autrement négligées.

Raquel Fernandez

Titre du projet de thèse : Les coopératives d’habitation pour femmes au Canada : une option féministe pour le logement.

La crise du logement ne touche pas tout le monde de manière égale. Les femmes en sont les premières victimes en raison d’une plus grande précarité économique et d’une surreprésentation parmi les locataires (David et coll., 2023). Comment concevoir l’aménagement du logement en fonction des besoins réels des femmes ? Dans ce contexte de crise du logement qui exacerbe les inégalités sociales, ma thèse de doctorat s’intéresse aux coopératives d’habitation pour femmes comme formes collectives de résistance contre les inégalités structurelles du logement au Canada. Autogérées par les résidentes, ces coopératives constituent des terrains d’expérimentation spatiale et sociale où se réinventent des manières d’habiter autrement (Hayden, 1980 ; Scaioli, 2024 ; Türeli, 2022 ; Wekerle, 1981, 1985, 1993).

J’analyse les typologies architecturales, les logiques d’organisation spatiale et l’usage des espaces partagés (cuisines collectives, salles communes, cours intérieures). Je veux comprendre comment ces environnements soutiennent (ou entravent) l’autonomie, la solidarité et le sentiment de sécurité. Ma démarche est féministe, intersectionnelle et participative. Grâce à une méthodologie qualitative combinant observation, entrevues, analyses spatiales et Photovoix, je collecte les récits des résidentes. L’objectif est de documenter les pratiques d’habiter, les tensions internes et les formes de gouvernance qui émergent dans ces milieux. Cette recherche vise à coconstruire, en collaboration avec les personnes concernées, des solutions pratiques pour réinventer le logement, en adéquation avec les principes de justice spatiale, d’équité et d’autonomisation. En mettant en lumière les rapports de pouvoir inscrits dans l’espace bâti, elle contribue aux débats actuels sur le logement et l’aménagement urbain. Elle affirme également la nécessité de concevoir des environnements pensés à partir des marges. En plaçant les femmes au centre de mes réflexions sur l’espace, je propose de considérer le logement comme un outil d’émancipation, de résistance et de réappropriation de l’espace urbain.

Raquel Fernandez
Chargée de cours et candidate au doctorat interdisciplinaire en aménagement à l’Université de Montréal, Raquel s’intéresse aux habitations collectives comme espaces de résistance architecturale. Ses travaux, ancrés dans les théories féministes et queers, explorent l’intégration de principes pluralistes et intersectionnels dans l’aménagement de l’environnement bâti.

Achraf Alaoui Mdaghri

Titre du projet de thèse : Nature et enjeux de la strate intelligente – Des modes de manufacture de l’espace dans les projets de ville intelligente

Achraf est doctorant à l’école d’architecture de l’Université de Montréal. Sa recherche introduit la notion de « strate intelligente » pour désigner l’ensemble des dispositifs physiques et numériques caractéristiques des villes intelligentes, et porte sur les implications associées à l’émergence de ce nouveau paramètre sur la conception architecturale en contexte urbain intelligent.

Après un baccalauréat en sciences mathématiques, Achraf commence des études en architecture à l’ENSA de Strasbourg. Il enchaine avec une formation en design graphique à LISAA, avant d’obtenir son diplôme d’architecte et urbaniste en 2019 avec la mention très honorable et les félicitations du jury. Il assure l’enseignement du cours « outils numériques » à l’École d’Architecture de Rabat et complète en parallèle un master en BIM Management.

Un parcours qui ne manque pas de refléter l’intérêt que porte Achraf pour la culture numérique, dont il explore plusieurs aspects en autodidacte, de la réalité augmentée au développement web, en passant par le prototypage et l’impression 3D. Quand son temps le permet, il se consacre à des activités plus artistiques telles que le chant choral, la composition musicale ou le théâtre d’improvisation.

Maurilio Lima Lobato

Titre du projet thèse : La logique sociale de l’espace à usage collectif dans l’architecture brutaliste, une analyse comparative

La recherche se concentre sur le rôle de l’espace architectural et sa logique sociale dans le brutalisme moderne du 20e siècle, en utilisant la méthode “Space Syntax” de Hillier pour comprendre l’espace significatif prépondérant dans la configuration des bâtiments. Dans ce contexte, le bâtiment est la prémisse d’une vision de la société d’après-guerre influencée par les canons fondateurs du modernisme et l’espace architectural est exploité dans le cadre d’une logique sociale intrinsèque à la conception moderne dans divers cadres culturels.

Yolene Handabaka

Yolene Handabaka is a graduate architect from the Faculty of Architecture at Ricardo Palma University (Peru), and holds a master’s degree in conservation of the built environment from the Université de Montréal.

Thesis project title: Revaluing Non-Heritage but Significant Community Buildings to Meet the Agenda 2030: From Demolition to Implementation of the Sustainable Development Goals (SDGs)

At a time when sustainable development is at the heart of all global, national and local exchanges, the contribution of built heritage to sustainability is recognized not only as a key factor, but also as a facilitator of the local development of sustainable communities. However, little research has focused on how non-heritage but significant community buildings can help accelerate the achievement of the Sustainable Development Goals (SDGs) announced in the United Nations’ Transforming our World: the 2030 Agenda for Sustainable Development.

The 2030 Agenda for Sustainable Development and its 17 SDGs introduces targets for sustainable practices. It is in this context that we first seek to answer the following questions: What are the limits of current approaches to sustainability in the built environment? How effective are current measures for monitoring the performance of existing buildings? What are the existing value-based approaches to assessing the suitability of buildings for communities, and how effective are they? How can a holistic approach to sustainability contribute to achieving Agenda 2030 and its SDGs? In a second step, our aim is to explore the different ways in which non-heritage but community-significant buildings can be revalued and integrated in the development of adaptive solutions to address the five key areas of Agenda 2030 and its seventeen goals through a holistic, values-based approach.